Aux premières heures du dimanche 7 décembre 2025, un mouvement inédit a éclaté à la maison d’arrêt d’Abomey-Calavi. Informés qu’un coup d’État aurait renversé le président Patrice Talon, plusieurs détenus ont exigé de « rentrer chez eux ». Le soulèvement a été rapidement maîtrisé par les agents pénitentiaires alors que, dans le même temps, la tentative de putsch était mise en échec à Cotonou.
À Abomey-Calavi, l’annonce d’une prétendue chute du pouvoir en place a suffi à enflammer les couloirs de la maison d’arrêt. Dimanche 7 décembre, dès l’aube, des détenus se sont regroupés dans la cour, scandant « On veut rentrer chez nous », selon des informations concordantes recueillies auprès de sources sécuritaires. Le mouvement, soudain et spontané, a surpris les agents pénitentiaires en service.
D’après une source policière, tout a commencé lorsque les prisonniers ont appris qu’un groupe de militaires, conduit par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, avait pris le contrôle de la Radiotélévision nationale pour annoncer la destitution du président Patrice Talon. Persuadés que le régime venait de tomber, certains pensionnaires ont estimé que leur détention n’avait plus lieu d’être et se sont soulevés contre les agents de l’Agence pénitentiaire du Bénin (APB). Pendant que les plus bruyants réclamaient leur libération immédiate, d’autres ont tenté de forcer l’accès au bâtiment réservé aux femmes, sans succès. Les agents pénitentiaires sont toutefois parvenus à contenir la situation, évitant toute évasion ou blessure grave.
Le retour au calme s’est consolidé lorsque l’information de la mise en échec du coup d’État a circulé dans l’établissement. À Cotonou, les putschistes ont été rapidement délogés des locaux de la télévision nationale. Dans une adresse télévisée, le soir même, le président Patrice Talon a dénoncé une « forfaiture » et assuré que les auteurs seraient sévèrement punis. Le calme est depuis revenu à la maison d’arrêt d’Abomey-Calavi, mais les autorités restent en alerte.
Gildas AHOGNI