À quelques semaines des scrutins couplés prévus le 11 janvier 2026, le mode de désignation des maires au Bénin profondément remanié par la loi n°2024-13 du 15 mars 2024 est moins connu par les populations et mérite donc une lecture attentive. Les dispositions prévoient et fixent des délais stricts pour la désignation et l’installation des maires.
Au Bénin, la désignation des maires et de ses adjoints se fait par trois possibilités. Ils sont choisis par le parti politique ayant obtenu la majorité absolue des conseillers. En cas d’accord de gouvernance communale si aucune liste n’a la majorité absolue, l’ensemble des partis constituant une majorité absolue peut désigner le maire et adjoints par la signature d’un accord de gouvernance communale. Toutefois, cet accord doit être notifié à l’autorité de tutelle. A défaut de majorité absolue ou d’accord, le maire et ses adjoints sont élus par le conseil communal ou municipal au scrutin uninominal secret, à la majorité absolue; si la majorité absolue n’est pas obtenue au premier tour, on procède à autant de tours que nécessaire pour désigner le candidat arrivé en tête.
La désignation ou l’élection a lieu lors de la séance d’installation du conseil dans les quinze (15) jours qui suivent l’annonce des résultats de l’élection communale, nonobstant recours éventuels. Si le conseil n’est pas installé dans ce délai, la Cour suprême peut être saisie et procéder à l’installation dans les quinze jours suivant sa saisine. Le résultat est rendu public sous 24 heures par affichage à la mairie et transmis sans délai à l’autorité de tutelle qui le constate par arrêté préfectoral publié au Journal Officiel. La désignation ou l’élection peut être contestée dans un délai de quinze (15) jours. Dans le cas échéant la Cour suprême statue sur ces recours. La priorité donnée à la « désignation » par le parti majoritaire ou renforce la centralité des partis politiques dans la détermination des exécutifs locaux moins d’incertitude sur la désignation si un parti obtient la majorité absolue. La possibilité d’un accord de gouvernance formalisé pousse les acteurs locaux à négocier des coalitions avant l’installation du conseil, avec obligation de notifier l’autorité de tutelle.
Alassane Touré