Les principales organisations de la diaspora béninoise en Europe appellent à une grande manifestation ce dimanche 30 novembre 2025 à Paris. Dénonçant une gouvernance jugée autoritaire et une confiscation du jeu démocratique, elles entendent porter la voix de l’opposition béninoise sur la scène internationale et réclamer le rétablissement de la souveraineté populaire.
À l’initiative de l’Unité d’Action Patriotique de la Diaspora Béninoise (UAPDB) et du Comité Culturel pour la Démocratie au Bénin (CCDB), la diaspora béninoise est invitée à descendre dans la rue ce dimanche 30 novembre 2025, de 12h à 15h, à la Place Victor Hugo, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, non loin de l’ambassade du Bénin en France. Cette mobilisation vise, selon les organisateurs, à dire « non à l’installation d’un despotisme monarchique au Bénin » et à exiger le rétablissement de la souveraineté populaire.
En effet, l’origine de cette mobilisation est la session extraordinaire de l’Assemblée nationale tenue dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025. Selon les organisateurs, cette réunion, conduite en procédure d’urgence, a abouti à une nouvelle révision de la Constitution, imposant au pays un texte profondément remanié. Cette réforme consacre notamment la création d’un Sénat non élu, doté de pouvoirs supérieurs aux autres institutions républicaines, et l’allongement du mandat présidentiel de cinq à sept ans. Pour la diaspora béninoise, ces changements marquent un tournant grave. « La souveraineté du peuple est tout simplement abolie », dénoncent l’UAPDB et le CCDB. Elles accusent cette réforme de transformer la République en un « régime exceptionnel de type monarchique », concentrant le pouvoir politique entre quelques mains. Une évolution jugée inacceptable tant sur le plan démocratique que juridique.
Par ailleurs, pour Basile Akode, coordonnateur Europe de l’UAPDB, cette manifestation s’inscrit dans une longue série d’actions de protestation menées depuis l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon. « Depuis son avènement, nous vivons un enfer. Nous sommes sous une dictature autocratique où toutes les voix discordantes n’ont pas droit au chapitre. C’est soit la prison, soit l’exil », accuse-t-il, dénonçant une répression systématique de toute opposition politique.
Face à cette situation, les organisateurs appellent à une union la plus large possible de la diaspora, sans distinction de convictions politiques ni religieuses
Gildas AHOGNI