L’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP) a tenu, ce vendredi 21 novembre 2025, son symposium annuel sur le thème : « Élections pacifiques, alternance politique et cohésion sociale : gages de l’unité nationale ». La cérémonie d’ouverture a été présidée par l’Évêque de Porto-Novo, Mgr Aristide Gonsallo, président de la Commission épiscopale Justice et Paix, en présence du directeur de l’IAJP, Père Arnaud Eric Aguénounon, de la représentante de la Fondation Konrad Adenauer, de l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Professeur Théodore Holo, et de nombreux participants.
Dans son discours d’ouverture, le directeur de l’IAJP, Père Arnaud Eric Aguénounon, a souligné que « le Bénin traverse un moment décisif de son histoire ». Alors que les élections générales de janvier 2026 approchent, il estime que l’actualité politique nationale est marquée par « des rebondissements allant du prévisible au plus rocambolesque ». Selon lui, la scène politique s’est « métamorphosée ces dernières années en un théâtre où se jouent des stratégies qui sonnent comme un requiem pour la démocratie issue de 1990 ».
Il a également dénoncé les projets de modification des constitutions ou des codes électoraux destinés, selon lui, à « façonner une démocratie sur mesure » et à affaiblir les principes démocratiques fondamentaux. Ce symposium, a-t-il expliqué, se veut un espace de réflexion critique et constructive sur les idéaux politiques du pays.
La représentante résidente de la Fondation Konrad Adenauer, Stefanie Brinkel, a salué la pertinence du thème. Elle a rappelé que la démocratie ne se limite pas au vote, mais repose sur l’acceptation de l’alternance, la participation citoyenne, ainsi que la promotion de la cohésion sociale et de la tolérance politique. Elle a regretté que les élections, au lieu d’être des moments de célébration démocratique, s’accompagnent encore trop souvent de tensions et d’inquiétudes.
Elle a insisté sur la nécessité de défendre les valeurs qui fondent la démocratie : intégrité, respect des droits, responsabilité et solidarité. Ces valeurs, a-t-elle dit, « doivent être cultivées pour que chaque élection soit vécue comme une fête démocratique plutôt que comme une source de division ».
De son côté, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Professeur Théodore Holo, a rappelé que « le socle de la démocratie, c’est la culture démocratique ». La démocratie, selon lui, ne se limite pas à la représentation électorale : elle doit aussi être participative. Il a invité les participants à reconnaître que « la vie politique ne se résume pas aux élections ».
Procédant à l’ouverture officielle du symposium, Mgr Aristide Gonsallo a précisé que la mission de l’IAJP est de promouvoir la justice et la paix à travers la doctrine sociale de l’Église. Pour lui, le thème de l’édition 2025 vise à réfléchir sur la manière dont les processus électoraux et l’alternance peuvent renforcer le tissu social plutôt que l’affaiblir. Il a annoncé que les quatre communications majeures du symposium portent sur la participation citoyenne, la stabilité politique, l’alternance et le rôle des acteurs sociaux et religieux dans la consolidation de la cohésion nationale.
Citant un message de sa sainteté Jean-Paul II lors de la Journée mondiale de la paix du 1ᵉʳ janvier 1986, Mgr Gonsallo a rappelé que la paix est « une construction quotidienne », reposant sur la justice sociale, le respect des droits humains et une responsabilité partagée entre les peuples.