Du 10 au 15 novembre, Cotonou accueille le Salon des industries musicales d’Afrique francophone (SIMA), un rendez-vous stratégique pour penser l’avenir de la musique sur le continent. L’occasion de braquer les projecteurs sur trois figures phares du dynamisme béninois : le Gangbé Brass Band, le Star Feminine Band et le slameur Myster Ezin.
Au moment où le Bénin se rêve en carrefour des industries culturelles de l’Afrique de l’Ouest, la musique s’impose comme un puissant levier de rayonnement et de développement. Le Salon des industries musicales d’Afrique francophone (SIMA), qui s’ouvre ce 10 novembre à Cotonou, symbolise cette ambition qui est de fédérer les énergies, de renforcer les capacités des acteurs et de bâtir une économie musicale durable.
En effet, selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), les revenus musicaux en Afrique subsaharienne ont atteint 110 millions de dollars en 2024, soit une croissance de 22,6 % par rapport à 2023. Mais derrière ces chiffres prometteurs, un défi demeure ; celui du financement. « L’Afrique francophone regorge de talents, mais sans moyens adaptés, ils peinent à s’imposer sur la scène internationale », rappelle Mamby Diomandé, fondateur et commissaire général du SIMA. Le Bénin, par la voix de Sindé Chekete, directeur de Bénin Tourisme, affiche clairement ses ambitions. « Le SIMA illustre notre vision : faire du tourisme et de la culture des moteurs de développement économique et social », fait-il savoir. Une vision qui s’incarne dans la vitalité de sa scène artistique.
Emblématique de cette ouverture, le Gangbé Brass Band revient avec From Ouidah To Another World, un album qui paraîtra le 21 novembre. Fusion entre rythmes vodun, fanfares de La Nouvelle-Orléans et mémoire de la diaspora, il explore les liens invisibles entre l’Afrique et le monde afro-américain. Place ensuite au Star Feminine Band, formation entièrement féminine originaire de Natitingou, qui confirme son ascension avec Jusqu’au bout du monde. Ce troisième album célèbre la force et la liberté des jeunes femmes africaines, après avoir conquis les plus grandes scènes internationales. Enfin, Myster Ezin, slameur et docteur en musicologie installé à Nîmes, dévoile son clip Espoir, extrait de l’album Espoirs. Entre poésie et engagement, il y raconte le parcours d’un immigré en quête de lumière, mêlant réflexion identitaire et foi en l’avenir.
À travers ces artistes, le Bénin prouve que sa musique est bien plus qu’un art ; une voix qui relie, inspire et ouvre le continent au monde.
Gildas AHOGNI