S’il devrait porter un nom, le mélodrame qui se joue actuellement sur la scène politique au Bénin pourrait bien être : « Les vraies couleurs de la traitrise ». Il révèle un personnage singulier, acteur et metteur en scène d’une comédie politique d’inspiration diabolique écrite de vieille date par les soins d’un auteur visiblement doué pour la rédaction des scénarii des films d’horreur et les thrillers de mauvais suspenses.
En une semaine, il est passé du statut du député anonyme à celui de l’homme politique le plus célèbre de la République. Mais « Tristement célèbre » comme un certain Hérostrate qui incendia le temple d’Artémis à Delphes. Tristement célèbre pour la gravité de l’acte qu’il a posé et qui restera indélébile dans la mémoire collective comme l’une des plus grandes traitrises politiques de notre temps.
Le lundi 13 octobre, alors que le parti Les Démocrates s’apprêtait à valider le choix de son duo présidentiel en Conseil National, la toile s’enflamme par une action en justice du député contre son parti et surtout contre son président Boni Yayi. Les petits mercenaires de la toile, emportés dans une agitation frénétique brandissent à l’image d’autres valets de la communication présidentielle un exploit d’huissier qui enjoint au président Yayi de lui retourner sa fiche de parrainage. A peine a-t-on eu le temps de supporter les douleurs du premier coup qu’un second est assené dans le dos à Boni Yayi. En effet, un courrier sur la toile via les mêmes réseaux où il dénonce le choix fait par le parti. Son choix à lui serait différent : Eric Houndété ou rien. Jusque-là, on le croyait être sincère dans son choix bien que l’on y voyait déjà une position extrémiste, égoïste et surtout opportuniste. En effet, il n’a jamais exprimé auparavant au sein du parti une appréhension quelconque ou son opposition à un choix autre que celui du vice-Président. Mais comme la traitrise ne reste pas cachée pendant longtemps, le député frondeur finit par se dévoiler.
Il sera introuvable jusqu’au dépôt de dossier et pendant les trois jours donnés au parti par la CENA pour complèter les pièces manquantes de leur dossier. Les supplications, les sollicitudes, les appels, les déplacements, les prières profondes et les demandes de pardon venant des responsables du parti, des militants et des citoyens lambda n’ont pas réussi à ramener ce prétendu élu du peuple à la raison. Il continuait toujours de revendiquer son fameux choix rationnel au détriment autrement de celui du parti.
Alors que le parti se prépare à défendre le parrainage annulé par la CENA, le député revient à la charge avec une déclaration enregistrée dans un endroit tenu secret devant un prompteur qui lui donnait une aisance de lecture. L’image n’était signée et aucun média officiel n’était présent à cette mystérieuse conférence de presse.
On comprend bien que le « soutien non négociable » à son collègue député Eric Houndété n’était qu’un alibi. Le député va bien dévoiler ses ambitions cette fois-ci : empêcher le parti d’aller à l’élection présidentielle mais plus grave, créer une implosion dans le parti.
Quelques incohérences et contre-vérités sont flagrantes. Il affirme par exemple que son parti a falsifié sa fiche de parrainage. Comment et par quel moyen, le député a pu savoir, sans voir, que sa fiche de parrainage est falsifiée ? Sur quels éléments se base-t-il pour affirmer d’emblée que le parti ne participera à l’élection présidentielle ? C’est ainsi qu’il s’est aussi lancé dans des affirmations dénuées de toute vérité. Pour lui, Me Renaud Agbodjo, pourtant désigné à un Conseil National du parti après un processus transparent est un candidat imposé par Boni Yayi avec pour seul mérite d’être de Savè et d’être le neveu de ce dernier. Ainsi donc, à l’écoute, tous ceux qui sont originaires de Savè sont des parents de l’ex-président. Renaud Agbodjo, jeune et brillant avocat qui a défendu presque tous les leaders politiques persécutés par le régime ces dernières années n’a aucun mérite pour candidater autre que le fait qu’il soit originaire de Savè. Le député n’a malheureux jamais démontré le lien avunculaire avec Boni Yayi qu’il dénonce. Il dénonce étrangement le manque de démocratie dans le parti. Dans sa démocratie, son choix à lui devrait s’imposer à tous les 27 députés restants et à tout le Conseil national du parti.
Après deux déclarations, les ambitions du député sont claires : empêcher le parti de participer à l’élection présidentielle et faire imploser le parti n’a jamais été démontré par le député.
Le comble de cette tragi-comédie est que le traitre apparaît tout décontracté à la télé avec les armes avec lesquels il aura poignardé son maître dans le dos. Pathétique.
La trahison vient souvent de ceux en qui on a souvent foi car ils connaissent nos forces et nos faiblesses.
L’histoire et la postérité retiendront en tout cas retiendra ce nom