Ce 14 octobre 2025, une unité d’élite de l’armée malgache, le CAPSAT, a annoncé avoir pris le contrôle du pays après la destitution du président Andry Rajoelina par l’Assemblée nationale. Cette action marque un tournant majeur dans la crise politique qui secoue Madagascar depuis plusieurs semaines.
L’unité CAPSAT (Corps d’Armée des Personnels et des Services Administratifs et Techniques), qui avait joué un rôle clé dans le coup d’État de 2009, a rejoint les manifestants de la Gen Z dans les rues d’Antananarivo. Le colonel Demosthène Pikulas a annoncé la prise du pouvoir par les forces armées, précisant que l’objectif était de maintenir l’ordre et de répondre aux aspirations populaires. « On va prendre le pouvoir à partir d’aujourd’hui et on dissout le Sénat et la Haute cour constitutionnelle. L’Assemblée nationale, on la laisse continuer à travailler », a indiqué le colonel Michael Randrianirina devant le palais présidentiel symbolique dans la capitale malgache.
Cette annonce est intervenue après que 130 des 163 députés ont voté aujourd’hui la destitution de Rajoelina, qui a quitté le pays pour des raisons de sécurité selon les informations publiées par France 24. Contesté dans la rue et reclus dans un lieu inconnu, le président malgache a dénoncé durant le vote de l’Assemblée une « réunion (…) dépourvue de toute base légale » selon l’AFP.
Le mouvement de la Gen Z, principalement composé de jeunes mobilisés via les réseaux sociaux, a débuté en réponse aux coupures d’eau et d’électricité. Cependant, il a rapidement évolué pour dénoncer la corruption, la mauvaise gestion et l’injustice sociale. Des pancartes anti-françaises ont été observées lors des manifestations, reflétant un rejet des ingérences extérieures
La dissolution de l’Assemblée nationale par Rajoelina a été jugée illégale par l’opposition, car elle n’a pas été précédée de consultations avec le président de l’Assemblée. La Haute Cour constitutionnelle n’a pas encore validé la destitution, laissant un vide juridique. Les autorités militaires ont promis d’organiser des élections législatives dans un délai de 60 à 90 jours, conformément à la Constitution malgache.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU