Après l’arraisonnement du pétrolier suspect, battant pavillon béninois mais rattaché à la flotte fantôme russe, au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le capitaine sera jugé à Brest en février 2026. Paris appelle à une mobilisation européenne face à cette flotte fantôme russe.
Selon le communiqué publié jeudi par le parquet de Brest, le commandant du navire « Boracay » sera jugé uniquement pour « refus d’obtempérer ». Arrêté le 27 septembre par la Marine nationale française, le pétrolier transportait du pétrole russe à destination de l’Inde. Son le capitaine et son second, tous deux de nationalité chinoise, avaient été placés en garde à vue. Mais seul le commandant sera finalement poursuivi devant le tribunal correctionnel de Brest le 23 février 2026. Le second a été relâché, et le sort du navire reste encore flou.
Le parquet rappelle que l’enquête ne porte que sur des infractions maritimes, excluant d’autres soupçons, notamment un possible lien avec des survols de drones au Danemark. Ces hypothèses, relayées par la presse spécialisée, n’entrent pas dans la compétence de la justice brestoise.
Le « Boracay » avait multiplié les changements d’immatriculation avant son interception. Considéré comme sans pavillon, il a été arraisonné conformément à la convention de Montego Bay. Pour les autorités françaises, l’opération s’imposait face aux incohérences constatées dans ses déclarations lors de son passage au large des côtes.
Pression européenne annoncée
Depuis Copenhague, Emmanuel Macron a annoncé une réunion des chefs d’état-major européens « dans les prochains jours ». L’objectif visé serait de renforcer la coordination avec l’OTAN et la coalition des volontaires pour contrer la flotte fantôme russe, accusée de contribuer au financement de la guerre en Ukraine. « Accroître la pression sur ces navires est essentiel », a martelé le président, plaidant pour un durcissement de la politique d’entrave.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU