Succès Masra, président du parti Les Transformateurs et ancien Premier ministre de la transition, a été condamné ce samedi 9 août 2025 à 20 ans de prison ferme, assortis d’une amende solidaire d’un milliard de francs CFA par le tribunal de grande instance de N’Djamena. Il est reconnu coupable d’avoir « diffusé des messages de nature raciste et xénophobe », d’« associations de malfaiteurs » lié aussi au conflit intercommunautaire de Mandakao et reconnu de complicité de meurtre.
Ce verdict n’a pas ôté le sourire à l’ancien premier ministre tchadien. Il est resté calme et serein comme pendant toute la durée de ce procès. Quelques accolades à ses avocats puis il se retourne vers des proches et des membres du parti les Transformateurs à qui il dit : « Ne vous inquiétez pas. On se retrouve bientôt ».« Notre client vient de faire l’objet d’une humiliation, d’une ignominie », a dénoncé Francis Kadjilembaye, coordonnateur des avocats du camp Masra.
Certains de ses avocats sont en larmes, l’un d’entre eux craque : il crie à l’injustice. Quelques militants présents sont en pleurs, ils se disent démoralisés, découragés. L’une d’entre eux dit qu’elle s’attendait à voir le président de son parti condamné, mais entendre le verdict officiellement prononcé est un choc. Une autre personne présente dans la salle confie n’avoir jamais assisté à un procès pareil. « C’est une mascarade », a-t-il ajouté.
Succès Masra quitte la Cour, entouré des gardes armés. Les 74 accusés de Mandakao restent au fond de la salle, toujours assis par terre. Aucune réaction de leur part. Puis les coordinateurs des collectifs de défense de Succès Masra et des 74 accusés de Mandakao annoncent interjeter appel de la décision de la Cour. Pour eux, « ce verdict n’est pas digne de la justice tchadienne ».
Rappelons que c’ est jeudi que Succès Masra avait pris la parole face à la Cour, vêtu d’une tenue traditionnelle blanche. « Vous avez devant vous un homme qui croit en la Justice. Je ne reconnais aucun des faits qui me sont reprochés ».