Le procureur, dans son réquisitoire, a requis 25 ans de prison ferme contre l’ancien Premier ministre tchadien Succès Masra et 65 de ses coaccusés. Ce vendredi 8 août 2025 se déroulait le troisième jour de son procès à N’djamena pour « incitation à la haine et à la révolte » et complicité d’assassinat. Il est accusé d’avoir « diffusé des messages de nature raciste et xénophobe », d’« assassinat » ou encore d’« association de malfaiteurs » en lien avec le conflit intercommunautaire de Mandakao.
« La condamnation à vie étant exclue, nous demandons 25 ans de prison ferme pour Masra et ses co-accusés », a déclaré Louapambe Mahouli Bruno, procureur général près de la cour d’appel de N’djamena ce 8 août. Ce procès regroupe deux volets, celui de près de 70 hommes accusés d’avoir participé à un massacre sanglant le 14 mai et celui de Succès Masra.
Ouvert le 7 août, le procès a vu se succéder les plaidoiries de la partie civile et de la défense. Droits dans ses bottes, l’ancien Premier ministre de transition a rejeté en bloc les accusations, qu’il qualifie de « machination politique », évoquant par ailleurs le non-respect de certaines clauses des accords signés avec le gouvernement en octobre 2023. Le parquet a également requis la même peine pour 58 co-accusés, assortie d’une amende globale de 5 milliards de francs CFA au profit de l’État et du gel de leurs biens. Neuf autres prévenus pourraient toutefois être relaxés pour absence de preuves.
Il faut préciser que les avocats de Succès Masra ont affirmé mardi qu’aucune preuve tangible n’a été présentée à la Cour depuis le début du procès mercredi : « nous sommes à la recherche d’un lien qui pourrait relier les accusés à la scène de crime, mais nous sommes restés sur notre soif ». Rappelons que , arrêté le 16 mai dernier à son domicile de N’Djaména, Succès Masra est accusé d’avoir fomenté les violences ayant causé 76 morts à Mandakaou, dans le sud du pays. Parmi les éléments retenus à charge figure un enregistrement audio de mai 2023 dans lequel il appelle des habitants du sud à prendre les armes.