Jijoho Convers Paul Fagnidé est le nouveau Président de l’Union Nationale des Magistrats du Bénin( UNAMAB) depuis ce samedi 24 mai. Ce magistrat rompu à la lutte syndicale depuis des lustres entend donner un nouveau souffle à sa corporation. Dans cet entretien exclusif accordé au quotidien Le Patriote, il revient sur son élection et sur ses priorités à la tête de la plus grande organisation syndicale des magistrats en l’occurrence le statut des magistrats et la réorganisation et la consolidation des bases de l’UNAMAB.
Bonsoir Monsieur le Président. Vous venez d’être élu Président à la tête de l’UNAMAB. Quelles sont vos impressions surtout après une élection âprement discutée ?
Je vous remercie Monsieur le journaliste et à travers vous, je remercie toute la presse. Mes premières impressions sont des impressions de joie, de grande joie. Parce que, la bataille a été serrée. L’accouchement a été difficile. Mais le bébé est né et sans anicroche. Nous sommes très heureux; et moi, et l’ensemble de mon équipe de la manière dont les choses se sont passées et des résultats que nous avons pu obtenir. Les fruits ont tenu la promesse des fleurs. Le moment est venu maintenant pour nous, de prendre les rênes de l’UNAMAB et d’insuffler un autre dynamisme à notre Union et par ricochet à notre corporation.
Quels sont vos chantiers prioritaires à la tête de l’UNAMAB ?
Merci beaucoup. L’état des lieux de l’Unamab aujourd’hui et également l’état des lieux au niveau de notre corporation, la magistrature nous a conduits justement à cibler ces deux grands axes. Déjà le premier axe, c’est pour ce qui concerne la corporation, l’ensemble des magistrats. Il s’agit pas seulement de ceux qui peuvent se réclamer de l’UNAMAB parce qu’il n’est pas évident que tous les magistrats soient membres de l’Unamab. Donc c’est ce premier travail qui nous a paru très important à faire. Je l’ai dit tantôt et je le rappelle. Ça fait un certain nombre d’années que les magistrats sont dans l’expectative par rapport à leur nouveau statut. Le statut d’alors est dépassé. Et des travaux ont été effectués. Le chantier a été ouvert pendant de très long moment et nous étions presque au bout de nos peines. Parce que le statut avait été régulièrement voté par l’Assemblée nationale et patatra comme on le dit, il a été retiré encore du circuit législatif, malheureusement. Donc nos difficultés continuent et depuis lors, un nouveau chantier a repris. Imaginez-vous, ça fait plus de huit ans que nous sommes en train de courir après justement ce nouveau statut. Donc, il va de soi que cela soit notre première bataille. Nous allons poursuivre ce combat là avec certitude. Nous trouverons les voies et moyens qu’il faut pour discuter avec les autorités, à savoir, nos autorités de tutelle, et ensuite les autorités au plus haut niveau du pays pour que ce statut nous soit donné pour le bonheur des magistrats. Tant pour ceux qui sont encore en cours de carrière que pour ceux qui sont déjà admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Sinon nous avons un corps de prestige. La magistrature, c’est un corps de prestige mais dans la réalité, les traitements qui sont faits aux membres de ce corps ne répondent pas justement à ce niveau social où on les met. La conséquence, comme je l’avais dit, malheureusement, c’est que pour ceux qui ont réussi à couvrir leur temps de carrière, c’est quelques années après seulement que vous apprenez leur décès malheureux parce qu’ en tant que magistrat, vous n’avez pas la possibilité d’exercer d’autres activités pour engranger des ressources et préparer autrement une retraite comme le font la plupart des autres fonctionnaires d’État et des autres membres de la société. Voyez-vous, vous êtes cantonnés, vous avez des obligations professionnelles, déontologiques qui vous maintiennent dans la ligne qui est tracée. Vous n’avez pas de possibilité de faire autrement. Donc, il est normal que quand on vous tient comme ça, on puisse envisager ce qu’il vous faut pour avoir une vie relativement appropriée pendant que vous n’avez plus de force pour continuer à produire des ressources nécessaires pour votre maintien, pour votre entretien. Donc voilà ce qui justifie ce premier axe là pour nous et nous allons le commencer tout de suite sans désemparer.
Le deuxième axe, c’est relatif à l’état de notre union. Il y a beaucoup de problèmes qui se posent à nous. Nous l’avions dit, il y a des clivages, des conflits générationnels et de camp etc. Nous allons essayer de nous rassembler encore autour d’un idéal pour renforcer et redorer les blasons de notre union. Et ça, c’est notre deuxième axe.
Voilà les deux grands axes sur lesquels nous allons intervenir le long de notre mandat. C’est sans compter avec les imprévus qui peuvent arriver dans le parcours syndical. Mais voilà déjà ce qui va porter notre feuille de route, notre plan d’action.
L’ UNAMAB est restée un peu trop timorée sous les mandats des Présidents Dadaglo et Hounsou, Qu’en sera t-il avec vous ?
Je vous dirai tout simplement que la sagesse doit gouverner nos actions. Les méthodes syndicales ne sont pas les mêmes pour obtenir des résultats. C’est en fonction des situations auxquelles vous vous trouvez confrontés que vous définissez les stratégies appropriées pour aller au résultat voulu. Ce qui est évident, même selon les règles de négociation de l’OIT, du BIT… C’est qu’il faut prioriser les négociations, les discussions. Et c’est là où on ne peut plus s’entendre qu’il faut chercher à faire recours aux autres moyens de lutte syndicale que sont les communiqués pour fustiger telle attitude, les mouvements de grèves d’avertissement…. Ici nous ne pouvons pas vous dire quelle doit être notre ligne de conduite pendant que nous ne sommes pas encore en situation. Toujours est-il que nous nous donnerons tous les moyens nécessaires pour arriver à bon port par rapport à la mission que l’on vient de nous assigner.
Entretien réalisé par Marcel ZOUMENOU
Transcription : Ignace TOSSOU