Ces affaires de jupon et de culotte, de mœurs et d’intrigues politiques, la République en connaît de temps en temps. Et lorsqu’il y en a une qui secoue les bords de la Seine et qui livre des secrets de nomination d’une ministre, il y a de quoi de s’y intéresser. Récit.
L’amour, la promotion politique, la trahison, le désenchantement et la saison des vengeances…Voilà réunis tous les ingrédients d’une « love story » de mauvais aloi qui tourne au vinaigre et qui met en scène deux êtres aux profils et aux aspirations sentimentales opposés. D’un côté, une femme hier en quête de flirt et de relation opportuniste, aujourd’hui ministre, imbue des prestiges de son nouveau poste mais également bouleversée par les exigences de la jungle politicienne dans laquelle elle saute sans en connaître au préalable tous les codes. De l’autre côté, un homme français qui croyait en l’amour, aujourd’hui meurtri et trahi. Le 07 septembre dernier, il a passé des noces de cuir dans la détresse, loin de l’être aimé, ruminant seul les mauvais souvenirs d’un amour pour lequel il a tout donné et qui s’est mué en un vrai cauchemar pour lui depuis que son épouse a été promue ministre.
L’histoire commence en septembre 2023. Une dame encore peu connue du grand public rencontre à Paris, au cours d’une soirée chez des amis, un homme français d’origine béninoise. Tout de suite, c’est le coup de foudre. Les deux amants ne tardent pas à convoler en justes noces le 07 septembre 2024 à la mairie du 20è arrondissement de Paris. Les exigences légales du mariage français obligent la nouvelle épouse à vivre en France dans le domicile conjugale. Ce à quoi elle a consenti mais une fois le mariage célébré, elle revient sur sa décision initiale, expliquant à son mari que son statut de fonctionnaire la contraint à travailler au Bénin et à y rester. Premier dol : avant le mariage, totalement désespérée de sa vie professionnelle au Bénin, elle avait manifesté son désir de quitter le Bénin pour s’installer définitivement en France. Le mari acquiesce le désir de sa femme de vivre au Bénin et de venir régulièrement en France pour passer du temps avec lui. Il a d’ailleurs pris toutes les dispositions pour qu’elle ait très rapidement tous les documents et avantages liés à son statut de conjointe d’un citoyen français : un titre de séjour, un compte dans une banque française, un numéro de sécurité sociale et une carte vitale.
De temps en temps et au gré de ses disponibilités et moyens, elle fait des descentes sur Paris, profite de sa sécurité sociale pour se soigner. Son mari, tendrement amoureux, se plie en quatre pour lui prendre des rendez-vous.
Désillusion
Le 24 mai, la nouvelle tombe. Elle est nommée ministre. Son mari apprend d’abord la nouvelle par le biais d’un ami avant qu’elle ne le dise à son mari de vive voix. Ce fut une discussion franche dans laquelle elle affirme n’avoir eu que de bonnes choses depuis qu’elle est avec son mari. Et elle finit par une phrase forte :« chéri, je te veux à mes côtés ». Selon une source à qui l’époux s’est confié après le début de la crise conjugale, la ministre avait manifesté son désir de voir son mari vivre à ses côtés au Bénin en lui promettant de faire le nécessaire pour qu’un passeport diplomatique lui soit établi en sa qualité d’époux d’une ministre. Mais dans la fonction, son attitude envers son époux vivant en France change. Les appels, les messages devenaient de plus en plus rares, la promesse d’établissement du passeport diplomatique, elle, est rejetée aux calendes grecques. Lorsque le mari l’interpelle sur la dégradation de la qualité de leur relation et sur le fait qu’elle devenait trop distante, elle trouvait qu’il ne lui facilitait pas la tâche et qu’elle avait besoin plus de soutien que de reproches et un peu de distance pour se concentrer sur ses tâches républicaines. Selon toujours la même source, après avoir langui pendant plusieurs mois sans aucun retour sur le passeport diplomatique à lui délivrer, il appelle son épouse et lui fait part de sa volonté de venir à Cotonou avec son passeport français. Séisme. Dame ministre entre dans une colère noire et réprimande fortement son mari : « Tu viendras faire quoi au Bénin ? Non, non, non, je ne veux pas te voir au Bénin. En tout cas, tu ne mettras pas pied chez toi hein … », rapporte la source proche de son mari. Le ton était ferme, l’injonction brutale. Le mari ne s’en revenait pas mais cette fois-ci, il a une certitude : sa femme lui cache quelque chose. Il en saura davantage le 05 Août dernier.
Quelques jours avant cette date, le mari reçoit l’appel du frère de la ministre qui l’informe que cette dernière sera à Paris le 05 août. Pressé de retrouver son épouse après plusieurs mois d’absence, il se pointe à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle comme à l’accoutumée. Il appelle son épouse pour lui souhaiter la bienvenue mais à sa grande surprise, elle l’informe qu’elle est dans son bureau à Cotonou et qu’elle ne sera à Paris que le 10 août. Pourtant, elle a été bien aperçue à l’aéroport ce jour par le mari lui-même et par d’autres sources, en compagnie d’une parente à elle, membre d’une institution de la République. Le mari a donc la confirmation que son épouse est sur le territoire français et ne veut pas qu’il sache. Il a donc compris qu’une fourberie se cache dans ses actes. Sa femme le trompe-t-il ? Difficile pour lui de confirmer mais il a de forts soupçons d’infidélité. Cette dernière ne rejoint le foyer conjugal que le 10 août, date qu’elle avait prétendue être à Paris après son hypothétique séjour londonien. Et à la maison, l’ambiance devient électrique très tôt et vire à l’affrontement verbal. La ministre, une fois sur place, refuse que son mari l’embrasse et se montre très discourtoise. La tension monte, le mari l’interpelle sur son séjour différé au foyer conjugal et son obstination à lui interdire de séjour au Bénin. Elle claque, profère des jurons à son endroit, prend clics et clacs et quitte la maison. Hélas, mal lui a pris. Son sac à main s’est retrouvé avec son mari et celui-ci y découvre des choses peu catholiques.
Le téléphone qui révèle tout
Dans ce sac, le mari retrouvera son passeport diplomatique, quelques gadgets de femme, des amulettes, quelques papiers dont son billet d’avion qui mentionne clairement qu’elle a fait un vol Cotonou-Paris le 05 août et un téléphone portable avec son numéro français. Et ce téléphone révèlera plus de choses qu’on pouvait y penser. On y découvre les preuves de son addiction pour les pratiques du charlatanisme et les pratiques occultes. Audios et vidéos whatsapp y foisonnent, rendant compte de ses diverses sollicitations et des retours que lui faisaient ses majordomes spirituels. Dans ces audios et vidéos dont Le Patriote a obtenu copies, on put écouter aisément la ministre demandant à ses charlatans et devins d’ensorceler son mari et de l’empêcher définitivement de mettre pied au Bénin. Mensonge à l’appui, elle explique à l’un d’eux comment son mari aurait écrit une épitre pour demander à venir au Bénin après avoir libéré son domicile parisien. Dans leurs soucis de reddition de compte, les charlatans lui envoyaient des vidéos montrant les séances d’ensorcellement où ils profèrent des jurons contre lui en enterrant des piquets(so) et en sollicitant sa mort à la limite. Dans l’audio, elle exprimait sa crainte vis à vis d’un certain Latifou qui vit dans son domicile. Est-ce celui qui l’a aidé spirituellement pour obtenir le graal ? Et ce n’est pas tout. Dans une audio, on entend une prêtresse vodoun lui rendre compte de sa consultation sur une réunion que la ministre devrait avoir avec le chef de l’Etat. Elle rassure sa cliente ministre que la réunion avec le chef de l’Etat se passera bien. Le nécessaire était fait afin que ce dernier ne soit pas exigeant avec elle. Bien au contraire, il se montrera débonnaire et magnanime. Les différents éléments audio et vidéo contenus dans ce téléphone illustrent bien la trajectoire obscure et le profil opportuniste de cette dame aussi bien qu’ils révèlent les intrigues et les pratiques occultes auxquelles font recours plusieurs cadres et hommes politiques pour avoir de l’ascension politique.
Cette affaire aura également contribué à projeter une image puante du Bénin en France. Le mari abusé aurait, selon des sources concordantes, déposé une main courante le 13 août contre son épouse pour « abandon de domicile conjugal ». Il a également écrit à l’ambassade et au Consulat du Bénin à Paris pour signaler une fausse déclaration de perte du passeport diplomatique faite par son épouse. Beaucoup d’autres amis proches de l’époux abusé sont au courant de cette affaire et suivent, étonnés, les audios et vidéos sur les pratiques occultes de cette ministre.
(Dossier à suivre)