es violences liées aux groupes islamistes armés continuent de faire des milliers de victimes sur le continent. Selon le Centre d’études stratégiques de l’Afrique, 23 872 décès ont été recensés sur les douze mois précédant la mi-2026, dans un contexte marqué par l’intensification des combats et l’évolution des tactiques des groupes armés.
L’extrémisme violent reste une menace majeure pour la sécurité en Afrique. Dans son rapport publié en septembre 2026, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique indique que le nombre de décès liés aux groupes islamistes armés a dépassé les 20 000 pour la quatrième année consécutive. Les 23 872 morts recensés représentent une hausse de 77 % par rapport à 2021.
Le Sahel demeure la région la plus touchée, avec 9 928 décès, soit 42 % du bilan continental. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger restent au cœur de cette violence. La Somalie et le bassin du lac Tchad représentent chacun 28 % des décès enregistrés.
Des foyers de violence en expansion
La hausse est particulièrement marquée dans le bassin du lac Tchad, où le nombre de morts est passé de 4 153 à 6 643, soit une augmentation de 60 %. Le Mozambique connaît également une recrudescence des violences, avec 539 décès imputables au groupe Ahl al-Sunna wal-Jama’a sur la période étudiée.
Au Sahel, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) demeure le principal responsable des décès liés aux groupes islamistes armés dans la région. Ses attaques coordonnées et sa capacité à perturber des infrastructures essentielles témoignent d’une organisation croissante.
Le rapport souligne aussi l’évolution des méthodes de combat. Les décès liés aux violences à distance ont augmenté de 42 %, passant de 4 221 à 5 980. Plus de 90 % de ces morts sont associés à des frappes aériennes. Le recours aux drones progresse également, aussi bien chez les forces armées que chez les groupes militants. Les populations civiles restent particulièrement exposées, notamment au Mozambique et dans certaines zones du Sahel.
Au Bénin et au Togo, une évolution encourageante est toutefois observée : le nombre de décès recensés a diminué de 78 % dans chacun des deux pays au cours de la période étudiée. Le Centre estime néanmoins que les groupes armés pourraient poursuivre leur expansion vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU