Annoncée pour soulager les ménages, la nouvelle réglementation sur le gaz domestique peine encore à produire ses effets sur le terrain. Entre ruptures dans plusieurs stations-service, bouteilles difficiles à échanger et recharges vendues à 5 000, voire 6 000 ou 7 000 FCFA, les consommateurs dénoncent un décalage criant entre les décisions annoncées et la réalité des points de vente.
Le gaz domestique devait enfin respirer. Mais dans plusieurs ménages béninois, la réalité reste bien différente. Depuis quelques jours, trouver une bouteille de 6 kg relève parfois du parcours du combattant. Et lorsqu’elle est finalement disponible, le prix demandé n’est pas toujours celui annoncé par les autorités.
En effet, un consommateur raconte avoir parcouru plusieurs kilomètres avant de trouver du gaz. Après plusieurs semaines de recherche, il dit avoir déboursé 6 000 FCFA pour une bouteille de 6 kg, alors que le tarif officiel est fixé à 4 500 FCFA. « 6k à prendre ou à laisser », rapporte-t-il, amer, après avoir essuyé plusieurs refus. Un autre usager affirme avoir vécu une situation similaire à Porto-Novo. Après avoir appelé le numéro d’Oryx Bénin pour se plaindre du prix, il aurait reçu comme explication que la rupture de stock poussait certains distributeurs à augmenter leurs tarifs. Une justification difficilement acceptable pour le consommateur, alors que le gouvernement et les opérateurs ont rappelé l’interdiction de toute surfacturation.
Des décisions encore loin des réalités
À l’occasion d’une concertation tenue le 30 septembre avec les acteurs de la filière, le gouvernement a rappelé que la recharge de 3 kg reste à 2 000 FCFA et celle de 6 kg à 4 500 FCFA. Les opérateurs ont également réaffirmé qu’aucun supplément ne devait être appliqué.
Mais sur le terrain, le constat rapporté par les consommateurs est tout autre. Des bouteilles de 6 kg seraient proposées à 5 000, 6 000 voire 7 000 FCFA chez certains revendeurs. Le problème est d’autant plus préoccupant que plusieurs stations connaissent des ruptures. À Cotonou, des constats effectués le 1er octobre faisaient état de bouteilles vides dans plusieurs points de vente, notamment à Fidjrossè-Akogbato, Mènontin et Agla.
Cette indisponibilité alimente mécaniquement la pression sur les consommateurs. Ceux qui doivent impérativement cuisiner se tournent alors vers des revendeuses capables de fixer leurs propres conditions. « Va recharger ta bouteille à la Présidence », aurait même lancé une vendeuse à une cliente à qui elle aurait finalement vendu la bouteille à 7 000 FCFA. L’autre attente forte concerne l’échange entre marques. Le principe a bien été annoncé, permettant à terme de remettre une bouteille vide d’une marque contre une pleine d’une autre. Mais le dispositif opérationnel n’était pas encore finalisé au moment des annonces.
Le gouvernement a donc posé les règles. Aux opérateurs et aux services de contrôle désormais de les faire respecter. Un prix officiel n’a de sens que lorsqu’il est réellement appliqué. Les ménages ne demandent pas un privilège : ils réclament simplement du gaz disponible, au prix annoncé et dans les conditions promises.
Gildas AHOGNI