Après avoir connu une croissance fulgurante grâce à ses vêtements à très bas prix, le géant chinois de la fast fashion fait face à une dégradation de sa rentabilité. Au premier semestre 2026, son chiffre d’affaires a quasiment stagné tandis que son résultat d’exploitation a été divisé par deux.
Shein continue de vendre massivement, mais chaque dollar généré lui rapporte désormais beaucoup moins. Une situation qui fragilise le modèle économique ayant fait son succès, notamment pendant la pandémie de Covid-19, lorsque la demande pour les achats en ligne avait explosé.
En effet, l’entreprise s’appuie sur une production essentiellement chinoise, réalisée à très grande échelle et proposée à des prix particulièrement bas. Mais ce modèle est aujourd’hui confronté à une accumulation de surcoûts. Aux États-Unis, la suppression en 2025 de l’exemption douanière dont bénéficiaient certaines petites marchandises chinoises a renchéri les importations. En Europe, depuis juillet 2026, les colis de moins de 150 euros sont également soumis à un droit forfaitaire de 3 euros. Pour un vêtement vendu 10 euros, cette charge représente une part importante du prix.
À cela s’ajoute la flambée des prix du carburant, que Shein cite parmi les facteurs ayant pesé sur ses bénéfices. Avec des marges déjà réduites, l’entreprise dispose de peu de latitude pour absorber ces coûts sans augmenter ses prix. La concurrence accentue également la pression. Des plateformes comme AliExpress proposent des produits similaires, tandis que les investisseurs se montrent désormais plus prudents.
Shein doit donc relever un nouveau défi : continuer à croître sans sacrifier davantage sa rentabilité. Le géant de la fast fashion entre ainsi dans une période de transition où son modèle à très bas prix est sérieusement mis à l’épreuve.
Gildas AHOGNI