Dans un contexte où l’Église catholique se retient souvent sur les questions politiques, le Père Arnaud Éric Aguénounon fait exception. Prêtre, analyste de l’actualité et voix régulière dans les médias, il était l’invité de l’Entretien du dimanche sur Eden TV. Au cœur des échanges, la visite historique du Pape Léon XIV en France avait occupé une place de choix.
Pour l’analyste politique, cette visite peut être vue comme un miracle, surtout dans un Occident présenté comme en déchristianisation. Dans son développement, il a d’abord commencé par rappeler la tradition instaurée par le Pape Jean-Paul II. Cette tradition stipule que le Pape doit sortir, aller à la rencontre des peuples, des Églises et des États. Si le Pape Léon XIV a commencé son pontificat par l’Afrique( Algérie, Cameroun, Angola, Guinée équatoriale), son voyage en France a eu un retentissement mondial beaucoup plus fort parce que la France est un cas unique et à part entière. «Fille aînée de l’Église» selon l’histoire, elle est devenue «fille rebelle» depuis la Révolution de 1789.
La rupture entre monarchie et clergé, puis la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, ont été pensées, selon lui, pour réduire l’influence d’une Église jugée trop puissante politiquement. Or, malgré ce contexte de laïcité militante et un clivage gauche-droite très marqué, la ferveur populaire n’a pas flanché. Le Pape François, très attendu pour la réouverture de Notre-Dame de Paris, n’était jamais venu en voyage apostolique officiel. Il s’était contenté des passages à Marseille, Strasbourg ou en Corse. L’arrivée du Pape Léon XIV a donc créé un engouement inédit.
Pour le Père Aguénounon, qui a fait une partie de ses études en France et y séjourne chaque Eté depuis 2013, il faut faire une distinction essentielle : «Il faut distinguer le peuple français de la gouvernance française». Il raconte sa première impression en arrivant en France. Il avait vu un pays cosmopolite, métissé, où dans certaines villes on se croirait en Côte d’Ivoire.
Mais au-delà, la France demeure une terre chrétienne dans ses racines : noms de rues, prénoms, chapelles dans chaque village, Eglises entretenues par les mairies et classées au patrimoine de l’UNESCO. On ne visite pas la France sans visiter ses Eglises. Les baptêmes, les mariages restent des actes culturels forts. Beaucoup se disent chrétiens sans pratiquer, mais les lieux de pèlerinage comme Lourdes ne désemplissent jamais.
Accueillir un Pape, à la fois chef d’État du Vatican et guide spirituel de Plus de 1,4 milliard de catholiques, est donc pour les catholiques de France un honneur et un privilège. Un rappel que la foi n’a pas disparu du paysage français.