Avec la confirmation numérique de la présence des agents publics sur leurs lieux de mission, l’administration béninoise franchit une nouvelle étape dans sa transformation. À travers l’application Semo+, l’État introduit un mécanisme qui associe géolocalisation et biométrie pour mieux s’assurer de l’effectivité des missions financées sur fonds publics. Une évolution qui répond autant à un impératif de bonne gestion qu’à une exigence de responsabilité.
Une mission officielle engage des ressources publiques et répond à un objectif précis, celle de représenter un service, effectuer une activité, assurer une supervision ou accomplir une tâche sur un site déterminé. Dès lors, il est logique que l’administration puisse vérifier que le déplacement prévu a bien donné lieu à une présence effective sur le terrain. C’est précisément ce que cherche à instaurer la nouvelle procédure. À partir de son Numéro personnel d’identification (Npi), l’agent sélectionne la mission concernée sur Semo+, partage sa position géographique, puis confirme son identité grâce à son empreinte digitale.
L’opération permet ensuite d’enregistrer sa localisation comme élément attestant de sa présence sur le site indiqué. Une notification peut également lui être adressée par SMS ou par courrier électronique. Dans certains espaces publics, des bornes biométriques complètent le dispositif. Elles offrent une autre possibilité aux agents pour effectuer cette formalité lorsque les conditions prévues le permettent. L’intérêt principal du mécanisme est de réduire l’écart entre une mission autorisée sur le papier et sa réalisation effective sur le terrain. Avec la confirmation numérique, une information supplémentaire vient compléter le dossier : celle de la présence effective de l’agent au lieu déclaré.
Cette évolution répond pourtant à une question très concrète de gestion publique. En apportant un élément objectif à cette vérification, le dispositif peut contribuer à réduire les incertitudes et à renforcer la qualité du contrôle administratif.
Une réponse aux exigences de bonne gouvernance
La réforme prend tout son sens lorsqu’elle est replacée dans la problématique plus large de l’utilisation des ressources publiques. Les missions officielles représentent des dépenses qui doivent pouvoir être justifiées par des activités effectivement réalisées. L’enjeu n’est donc pas de multiplier les procédures à la charge des agents. Il est plutôt de disposer d’un mécanisme simple permettant de mieux rapprocher les moyens engagés des résultats attendus.
La géolocalisation et l’authentification biométrique donnent à l’administration des informations plus fiables pour apprécier l’exécution des missions. Elles peuvent également faciliter les vérifications en cas de besoin et permettre une meilleure exploitation des données relatives aux déplacements professionnels. Cette approche participe d’une culture administrative où la responsabilité ne s’arrête plus à l’autorisation d’une dépense, mais s’étend à la vérification de son utilisation effective
Mohamed Yèkini