Vladimir Poutine a vanté les performances de l’économie russe lors du sommet des BRICS à New Delhi. Mais les données internationales montrent une réalité plus nuancée, avec une croissance mondiale légèrement supérieure à celle de la Russie et un net ralentissement de l’économie russe en 2025.
Le président russe veut afficher une économie résistante face aux sanctions occidentales. Lors du sommet des BRICS, le 11 septembre à New Delhi, Vladimir Poutine a affirmé que le produit intérieur brut (PIB) de la Russie avait progressé de 10,3 % entre 2023 et 2025, dépassant ainsi la croissance mondiale sur la même période.
Cette affirmation est toutefois contredite par les données internationales citées par le Kyiv Post. Selon les chiffres du Fonds monétaire international (FMI), l’économie mondiale a progressé de 10,7 % sur ces trois années, soit légèrement davantage que la Russie.
Un ralentissement préoccupant
Au-delà de cette comparaison, c’est surtout l’évolution récente qui fragilise le discours optimiste du Kremlin. Après une forte progression en 2023 et 2024, portée notamment par les dépenses liées à la guerre, l’économie russe a fortement ralenti en 2025. Sa croissance n’a été que d’environ 1 %, contre 3,5 % pour l’économie mondiale.
Les perspectives pour 2026 sont également moins favorables. Le ministère russe du Développement économique prévoit une croissance de seulement 0,4 %, alors que le FMI table sur environ 3 % pour l’économie mondiale. La Russie serait ainsi nettement distancée par plusieurs grandes économies, notamment les États-Unis, la Chine et l’Inde.
Cette situation s’explique notamment par les effets des sanctions, les pénuries de main-d’œuvre, l’inflation et les importantes dépenses militaires. La Banque centrale russe maintient d’ailleurs son taux directeur à 14 % pour tenter de contenir les pressions inflationnistes.
Le Kremlin continue néanmoins de présenter ces difficultés comme la preuve de la capacité de la Russie à résister aux sanctions et à réorienter son économie vers de nouveaux partenaires, notamment au sein des BRICS.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU