La priorité accordée à certains responsables sortants est devenue, dans plusieurs localités, une véritable source de tensions entre militants de l’Union Progressiste le Renouveau. Des désaccords apparaissent entre membres d’une même cellule politique autour de la question de savoir s’il faut reconduire un responsable déjà installé depuis une décennie, voire une quinzaine d’années, ou ouvrir véritablement la voie à de nouveaux visages. Pour certains militants, la reconduction privilégiée des anciens responsables donne l’impression que le processus est joué d’avance.
Des hommes et des femmes ayant participé activement aux combats électoraux, mobilisé les populations et contribué à l’implantation du parti se retrouvent ainsi relégués au second plan. Plus préoccupant encore, certains responsables dont la reconduction est envisagée seraient aujourd’hui contestés par une partie des populations à la base. Leur longévité au poste ou eur bilan suscitent des réserves. Dans ces conditions, leur maintien devient carrément incompréhensible pour ceux qui réclament un renouvellement. Sur le terrain, le résultat est visible. Des militants appartenant pourtant au même parti se retrouvent divisés en deux camps. D’un côté, les défenseurs de la continuité et de la reconduction des responsables sortants.
De l’autre, ceux qui réclament une ouverture et la promotion de nouveaux militants. Le danger pour l’Union Progressiste le Renouveau est donc réel. À vouloir privilégier la stabilité et la continuité, le parti risque de fragiliser la cohésion de ses structures à la base. Or, c’est précisément dans les villages et les quartiers que se construisent les victoires électorales. Une formation politique qui laisse s’installer durablement la frustration et les rivalités internes prend le risque de voir son implantation locale s’affaiblir. La fidélité politique ne devrait pas être le seul argument en faveur d’une reconduction.
L’ancienneté non plus. Après dix ou quinze années passées à la tête d’un village ou d’un quartier, le renouvellement doit nécessairement arriver. Le processus actuellement engagé mérite donc d’être réexaminé avec beaucoup d’attention. Les instances dirigeantes de l’Union Progressiste le Renouveau gagneraient à écouter davantage les réalités du terrain et à prendre en compte l’avis des militants et des populations concernées, car une désignation imposée ou une reconduction mal acceptée peut laisser des blessures profondes. Lorsque la base se divise, c’est toute la maison politique qui finit par ressentir les secousses. De nouvelles directives, plus précises et davantage orientées vers la transparence, l’équité et le renouvellement, pourraient permettre de calmer les tensions. Il en va de la cohésion du parti et de la confiance des militants.
Alassane Touré