L’Algérie a annoncé ce jeudi 10 septembre 2026 la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, accusant Abu Dhabi d’« agissements provocateurs ou hostiles ». Cette décision intervient après plusieurs années de tensions autour du Sahara occidental, du Sahel et d’accusations algériennes d’ingérence dans ses affaires intérieures.
La rupture intervient après l’épuisement, selon Alger, de toutes les voies permettant de préserver les relations bilatérales. Le ministère algérien des Affaires étrangères n’a toutefois pas détaillé l’acte précis ayant provoqué la décision. L’ambassadeur émirati à Alger a été convoqué et dispose de 48 heures pour quitter le territoire algérien.
Le Sahara occidental et le Sahel au cœur du désaccord
Derrière cette crise se trouvent plusieurs divergences stratégiques. L’Algérie soutient le Front Polisario et défend l’organisation d’un référendum sur l’avenir du Sahara occidental, tandis que les Émirats arabes unis soutiennent la position marocaine et ont ouvert un consulat dans le territoire disputé.
Le Sahel constitue un autre point de friction. Alger reproche à Abu Dhabi d’accroître son influence dans une région où les deux pays défendent des approches différentes, notamment en Libye, au Soudan et au Mali. Le président Abdelmadjid Tebboune avait déjà accusé, sans le nommer directement, un État du Golfe d’être présent « partout où il y a des conflits » et de chercher à déstabiliser l’Algérie. De nombreux rapports de l’ONU accuse les Émirats arabes de financer des conflits en Afrique, comme celui du Soudan au côté des Forces de soutien rapide (FSR).
Les tensions s’étaient encore aggravées en février 2026 avec l’annulation par Alger de son accord de services aériens avec les Émirats, conclu en 2013.
Cette rupture marque un changement majeur de la politique extérieure algérienne. Abu Dhabi devient ainsi le deuxième pays concerné par une rupture diplomatique avec Alger, après le Maroc depuis 2021.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU