Au moins 47 personnes ont été tuées et 22 autres blessées dans la nuit de dimanche à lundi lors d’une attaque menée par des hommes armés contre un site accueillant des personnes déplacées à Kenscoff, dans les hauteurs de Port-au-Prince. L’ONU prévient que ce bilan pourrait encore évoluer.
Selon les autorités locales, les assaillants ont pris pour cible une église où s’étaient réfugiées des familles ayant déjà fui de précédentes violences. Des témoins et responsables locaux évoquent des exécutions, des enlèvements et l’incendie de plusieurs habitations. Le maire de Kenscoff a décrit une véritable « nuit de terreur ».
La colère monte parmi les habitants, qui accusent les forces de sécurité de ne pas avoir suffisamment protégé la population. Certains réclament la démission du chef local de la police, estimant que l’attaque s’est produite à proximité d’un poste de police. Le directeur de la police nationale, Vladimir Paraison, a toutefois défendu l’action de ses agents.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a condamné une attaque « odieuse » et promis l’envoi de renforts. Kenscoff, zone stratégique dominant plusieurs voies d’accès à Port-au-Prince, a déjà connu de nombreuses attaques depuis 2025, causant des centaines de morts et des milliers de déplacés.
Cette nouvelle tragédie intervient à quelques mois des élections générales prévues le 13 décembre 2026, les premières organisées dans le pays depuis 10 ans. Mais la poursuite des violences des gangs fait planer de sérieux doutes sur les conditions de tenue du scrutin.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU