Lors de sa dernière interview à la télévision nigérienne le 27 juillet 2026 à l’occasion des trois ans d’anniversaire du régime de transition, le Général Tiani a fait des déclarations contre la France et surtout contre l’exploitation de l’uranium. Notre journal s’est rapproché du français Orano – un géant français qui opère dans l’exploitation d’uranium au Niger depuis plus de cinquante ans – pour avoir leur version des faits.
Dans son interview accordée à la chaîne nationale RTN, le Général Abdouramane Tiani avait effectué des déclarations sur le retraitement de l’uranium de la France en Ruissie. A ce propos, il affirmait : « La France envoie discrètement ses résidus d’uranium puisque l’uranium à bon marché ou gratuit n’est plus disponible. (…) Ils envoient en Russie pour retraiter ». Face à ces déclarations, Orano apporte ces précisons.
« Orano n’est pas présent en Russie, n’a pas de salariés dans le pays et n’a pas de contrats en cours portant sur des achats ou des ventes d’uranium naturel, de retraitement ou enrichi avec des entreprises russes. Dès le déclenchement de la guerre, Orano a sans délai renforcé son plan de vigilance existant, par la mise en place d’une cellule dédiée d’analyse des sanctions dont l’objet est de s’assurer en permanence du complet respect des mesures édictées à l’encontre de la Russie. Elle s’est en outre dotée d’un processus spécifique de contrôle et d’approbation préalable des activités demeurant autorisées, impliquant le cas échéant une partie prenante russe ou se déroulant en tout ou partie sur le territoire de la Russie.
S’agissent de ses relations commerciales historiques avec la Russie, Orano a finalisé en septembre 2022 l’exécution d’un contrat conclu avec Rosatom portant sur la fourniture de 1 150 tonnes d’uranium recyclé, destinées à être converties puis réenrichies dans l’usine de Seversk, en Russie. Le combustible était destiné à être utilisé dans des réacteurs nucléaires russes. Ce contrat, signé en 2020, antérieurement au déclenchement du conflit, est désormais intégralement soldé. »
L’uranium gratuit
En ce qui concerne la gratuité de l’uranium dont la France bénéficierait, Orano dément et apporte des clarifications. L’entreprise revient sur les conditions autour de l’extraction de cette ressource stratégique avant le coup d’État du 26 juillet 2023, après lequel le Niger a annoncé sa volonté de nationaliser ce secteur.
« Depuis la création des sociétés minières au Niger (SOMAÏR, COMINAK et IMOURAREN), l’État du Niger a bénéficié de retombées économiques directes des sociétés minières, constituées par la redevance minière, ainsi que tous les autres impôts et taxes et les dividendes.
Les sociétés minières vendaient leur production à leurs actionnaires au prorata de leur participation au capital desdites sociétés. L’État nigérien était actionnaire à plus de 30 % des 3 sociétés minières et gérait sa part de production de façon indépendante.
A ces retombées directes s’ajoutaient les retombées indirectes constituées par les salaires versés aux salariés des entreprises minières au Niger et par les achats locaux effectués par ces sociétés qui ont contribué au développement de la région d’Agadez.
Orano soutient l’Initiative pour la Transparence de l’Industrie Extractive (ITIE) depuis sa création en 2003 dont le Niger est un des pays membres. A ce titre Orano publie chaque année les montants de ses paiements extractifs au Niger. »
Ces réponses apportées par l’entreprise française, sont antipodes des récentes déclarations de Tiani. Orano vient ainsi pour apporter sa part de vérité dans une affaire délicate qui oppose depuis plusieurs années, l’entreprise au gouvernement nigérien.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU