À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027 et des fêtes de fin d’année, la mairie de Cotonou veut mieux encadrer le commerce saisonnier. La municipalité prévoit neuf sites aménagés et une réduction des redevances pour faciliter l’installation des vendeurs, mais certains commerçants accueillent ces nouvelles mesures avec réserve.
À quelques semaines de la rentrée scolaire, la mairie de Cotonou poursuit sa politique de réorganisation de l’espace urbain. Les autorités municipales ont échangé avec les acteurs des fournitures scolaires, regroupés sous l’appellation RAL (Rentrée académique et littéraire), ainsi qu’avec les commerçants de produits de fêtes de fin d’année (FAL).
En effet, l’objectif affiché est de concilier activité économique, sécurité des usagers et meilleure occupation de l’espace public. Chaque année, ces commerces saisonniers s’installent sur plusieurs artères de la ville, provoquant embouteillages, ralentissements de la circulation, occupation des trottoirs et parfois des risques d’accidents. Et pour mettre fin aux installations sur les ronds-points, carrefours, trottoirs et autres espaces sensibles, la mairie annonce l’aménagement de neuf sites destinés à accueillir les vendeurs. Les redevances exigées pour leur installation seront également revues à la baisse, afin d’encourager les commerçants à rejoindre ces espaces.
La démarche se veut différente des opérations de déguerpissement classiques. La municipalité mise sur la concertation et entend permettre aux vendeurs de poursuivre leurs activités dans de meilleures conditions, tout en améliorant l’image de la ville.
Une mesure qui doit dépasser Cotonou
Si l’initiative de Cotonou mérite d’être saluée, elle ne devrait toutefois pas rester limitée à la capitale économique. Le commerce saisonnier et l’occupation anarchique des espaces publics sont observés dans plusieurs villes du Bénin. Une réflexion similaire gagnerait donc à être menée dans les autres grandes agglomérations afin d’apporter une réponse globale au phénomène.
Sur le terrain, cependant, certains vendeurs ne cachent pas leur mécontentement. Ils craignent notamment les contraintes liées aux nouveaux sites et s’interrogent sur leur fréquentation. Pour que la réforme produise les effets escomptés, la mairie devra donc poursuivre le dialogue et s’assurer que les espaces proposés restent réellement accessibles et économiquement viables pour les commerçants.
Gildas AHOGNI