Sans aucune communication préalable, les opérateurs ont supprimé, tôt ce mardi, leurs forfaits internet illimités de 5 000 FCFA et de 10 000 FCFA. Une décision qui provoque une vague d’indignation chez les abonnés, désormais contraints de souscrire à une offre minimale de 15 000 FCFA. Face à cette situation qui pénalise des milliers de consommateurs, les tentatives du Journal Le Patriote pour obtenir des explications auprès de l’Arcep Bénin et l’avis de l’Association des consommateurs sont restées sans réponse.
Du jour au lendemain, les habitudes de milliers de consommateurs béninois ont été bouleversées. Les forfaits internet illimités à 5 000 FCFA et à 10 000 FCFA, largement adoptés par les étudiants, les travailleurs et les entrepreneurs, ont tout simplement disparu des catalogues de Moov Africa Bénin et de MTN Bénin, sans le moindre avertissement.
En effet, cette manière de procéder a créé un mécontentement général. Dans un secteur aussi stratégique que les télécommunications, modifier aussi brutalement une offre largement utilisée sans laisser le temps aux clients de s’organiser traduit un profond manque de considération pour les consommateurs. Les conséquences sont immédiates. Des abonnés dont les forfaits ont expiré la veille comptaient les renouveler le lendemain au tarif habituel. Ils découvrent finalement que l’offre n’existe plus et que le premier forfait illimité est désormais fixé à 15 000 FCFA. Une hausse considérable qui intervient sans explication officielle.
Dans un pays où le SMIG est fixé à 52 000 FCFA, cette décision soulève de nombreuses interrogations. Comment un salarié, déjà confronté aux dépenses de logement, d’alimentation, de transport, d’eau et d’électricité, peut-il consacrer près du tiers de son revenu mensuel à un simple abonnement internet ? L’accès à internet n’est plus un luxe. Il est devenu un outil indispensable pour travailler, étudier, entreprendre, effectuer des démarches administratives ou simplement rester connecté.
Des forfaits plus cher, un frein à l’enseignement en ligne
Cette augmentation intervient également à un moment où le gouvernement affiche son ambition d’accélérer la digitalisation de l’enseignement supérieur, avec la perspective de développer davantage le e-learning, où une partie des cours pourrait se dérouler en ligne dès la prochaine rentrée académique. Mais comment atteindre un tel objectif si l’accès à internet devient financièrement inaccessible ? Pour des milliers d’étudiants qui ne disposent d’aucun salaire et vivent déjà avec des moyens très limités, débourser désormais 15 000 FCFA pour un forfait illimité relève presque de l’impossible. Cette hausse risque ainsi d’accentuer les inégalités d’accès au numérique et de compromettre les efforts engagés en faveur de l’enseignement à distance.
Cette décision aurait-elle reçu l’aval de l’Arcep Bénin, autorité chargée de protéger les intérêts des consommateurs ? La question mérite d’être posée. Afin d’obtenir des explications, Le Journal Le Patriote a tenté de joindre un responsable de l’Arcep Bénin ainsi que le président de l’Association des consommateurs. Jusqu’à la mise sous presse, aucune des personnes contactées n’avait donné suite à nos sollicitations.
Ce silence ne fait qu’alimenter l’incompréhension. Les consommateurs sont en droit d’attendre des explications claires, mais aussi une meilleure protection face à des décisions qui impactent directement leur quotidien. Au-delà de la hausse des tarifs, c’est surtout l’absence totale de communication qui choque et qui n’honore ni les opérateurs GSM, ni les institutions censées veiller au respect des droits des abonnés.
ASG