Le bâtiment de l’ex-Infosec réfectionné qui abritait la Commission électorale nationale autonome (Céna) suscite désormais de nombreuses interrogations. Entièrement modernisé à grands frais il y a seulement quelques mois afin d’offrir un cadre de travail moderne à l’institution électorale, l’édifice se retrouve au cœur des débats après la suppression provisoire de la Céna décidée par les députés.
À peine inauguré, déjà sans véritable occupant. La question est désormais simple. Que deviendront les locaux de l’ex Institut de formation sociale, économique et civique (Infosec) dont la rénovation et le rééquipement ont nécessité plusieurs millions de francs Cfa au contribuable béninois ? Seront-ils laissés inoccupés pendant plusieurs années, au risque de se dégrader progressivement, ou seront-ils rapidement réaffectés à une autre administration publique ? En effet, dans un contexte où l’État béninois multiplie les réformes visant à rationaliser les dépenses publiques, il serait incompréhensible qu’une infrastructure de cette qualité demeure inutilisée. La crainte demeure encore plus légitime et grande lorsqu’on sait que l’Infosec a été dissout depuis 2022 et c’est seulement en 2025 qu’une décision a été prise afin que le bâtiment soit occupé.
Le gouvernement dispose aujourd’hui d’une opportunité de valoriser cet investissement en mettant les locaux à la disposition d’une institution confrontée à un déficit d’espaces administratifs ou en y installant un service stratégique de l’État. Cette décision est plus pertinente et logique quand on sait que plusieurs administrations publiques continuent d’exercer dans des bâtiments loués, générant chaque année d’importantes dépenses de fonctionnement à la caisse. La réaffectation de l’ex-siège de la Commission électorale nationale autonome permettrait non seulement d’offrir de meilleures conditions de travail à d’autres agents de l’Etat, mais aussi de réduire les charges locatives. Par ailleurs, au-delà du bâtiment, la question de la gestion du patrimoine public et des investissements publics à long terme est posée. En attendant la fin des formalités de liquidation, les regards sont tournés vers les autorités qui sont attendues sur ce sujet.
Aucune décision officielle n’a toutefois été rendue publique pour le moment. Toutefois, une évidence demeure, laisser ce bâtiment vide constituerait un gaspillage difficile à justifier. L’État a investi pour offrir un cadre moderne à une institution qui n’exerce plus ses missions. Le défi consiste désormais à donner un nouvel occupant à cette infrastructure afin qu’elle continue de servir l’intérêt général, conformément aux principes de bonne gouvernance et de gestion efficace du patrimoine public.
Alassane Touré