Malgré l’abandon du projet controversé de FIFA Forward Enterprise, la crise se poursuit à la FIFA. L’UEFA demande désormais le départ de Gianni Infantino et envisage un vote de défiance si le président de l’instance mondiale refuse de démissionner.
Un tel scénario serait inédit dans l’histoire de la FIFA. Depuis la création de l’instance en 1904, aucun président n’a été contraint de quitter son poste à la suite d’un vote de défiance. En effet, selon The Telegraph, l’instance européenne estime avoir perdu confiance en Gianni Infantino. Les 55 fédérations membres de l’UEFA lui reprochent notamment de prendre certaines décisions sans suffisamment consulter les autres acteurs du football mondial.
Alors que Gianni Infantino a retiré ledit projet, cela n’a donc pas suffi à calmer les tensions. Le projet prévoyait notamment l’ouverture à des investisseurs privés d’une partie des activités commerciales liées à la Coupe du monde. Plusieurs confédérations s’y étaient opposées, avant son abandon.
Si Gianni Infantino refuse de démissionner, la situation pourrait encore se compliquer pour lui. L’UEFA pourrait alors demander l’organisation d’un Congrès extraordinaire de la FIFA afin de soumettre son maintien à un vote. Ceci, fait référence à l’article 25 des statuts de la FIFA prévoyant que le Conseil doit convoquer un Congrès extraordinaire lorsqu’au moins un cinquième des associations membres en fait la demande par écrit. Avec 211 fédérations affiliées, il faut donc le soutien d’au moins 43 associations.Les 55 fédérations européennes ayant annoncé leur volonté de rester unies dans cette démarche, ce premier seuil pourrait être atteint.
Une fois le Congrès convoqué, les 211 fédérations membres de la FIFA prendraient part au vote. La majorité simple des suffrages valablement exprimés serait nécessaire. Si toutes les fédérations participaient au scrutin, 106 voix seraient suffisantes pour obtenir le départ de Gianni Infantino.
Signalons, l’UEFA n’est pas la seule confédération à avoir exprimé des réserves. L’AFC et la Concacaf ont également fait part de leur désaccord avec certains projets portés par la direction de la FIFA. À elles trois, ces confédérations représentent 143 fédérations, un nombre supérieur à la majorité nécessaire pour faire adopter une décision lors d’un vote.
Élu en 2016 et réélu depuis, Gianni Infantino se retrouve désormais face à une contestation qui pourrait directement menacer son avenir à la tête du football mondial.
Alola BIAOU