De jeunes diplômés attirés par de prétendues offres d’emploi sont de plus en plus piégés par des réseaux criminels en Asie du Sud-Est. À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la traite des personnes, célébrée le 30 juillet, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) tire la sonnette d’alarme.
Placée sous le thème « Trapped Behind the Scam » (« Piégés derrière l’arnaque »), cette journée met en lumière un phénomène en pleine expansion. Le scénario commence généralement par une offre d’emploi publiée sur les réseaux sociaux ou des plateformes de recrutement. Marketing, finance, informatique ou technologies numériques : les postes proposés paraissent crédibles et les salaires particulièrement attractifs.
Mais une fois sur place, notamment en Birmanie, au Cambodge ou au Laos, les recrues découvrent un tout autre environnement. Passeports retirés, téléphones confisqués, déplacements contrôlés : certaines personnes sont enfermées dans des complexes où elles sont contraintes de participer à des escroqueries en ligne.« Les personnes enfermées dans ces centres d’escroquerie sont des victimes de la traite des êtres humains. Elles sont contraintes de commettre des crimes sous la violence, les menaces et la coercition. Elles doivent être protégées, et non punies », a déclaré Amy Pope, directrice générale de l’OIM.
Près de 300 000 personnes concernées
Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), près de 300 000 personnes travailleraient dans ces structures en Birmanie, au Cambodge et au Laos. Toutes ne sont pas victimes de traite, mais certaines y sont maintenues contre leur gré.
Le phénomène touche désormais aussi des jeunes diplômés maîtrisant l’anglais et les outils numériques. Depuis 2022, l’OIM indique avoir accompagné plus de 3 500 survivants originaires de 39 pays.
L’organisation appelle les États à mieux identifier et protéger les victimes, souvent considérées à tort comme des complices. Une stratégie régionale pour l’Asie-Pacifique, couvrant 2026-2030, vise notamment à renforcer la prévention et à faciliter le démantèlement de ces réseaux criminels.
Alola BIAOU