L’Union mathématique internationale a décerné jeudi à Philadelphie la médaille Fields 2026 à quatre mathématiciens âgés de moins de 40 ans. Considérée comme l’équivalent du prix Nobel dans la discipline, cette distinction récompense tous les quatre ans des découvertes.
Le jury a distingué deux chercheurs chinois, un Américain et un Canadien. Il s’agit de Yu Deng, 37 ans, professeur à l’université de Chicago ; Hong Wang, 35 ans, enseignante à l’Institut des Hautes Études Scientifiques en France et à l’université de New York ; John Pardon, 37 ans, Américain ; et Jacob Tsimerman, 38 ans, Canadien.
Hong Wang devient la troisième femme lauréate depuis la création du prix en 1936, après Maryam Mirzakhani et Maryna Viazovska. Elle est récompensée pour des travaux ayant permis en 2025 de résoudre le « problème de Kakeya », une énigme posée en 1917 sur l’aire minimale balayée par un segment en rotation. La consécration de Yu Deng confirme par ailleurs la montée en puissance de la Chine dans la recherche mathématique.
La remise du prix intervient dans un contexte de mutations profondes. L’intelligence artificielle est désormais capable de produire des démonstrations mathématiques de haut niveau.
« Je pense que le monde est en train de changer et que la profession de mathématicien ne restera pas telle qu’elle est aujourd’hui », a déclaré Jacob Tsimerman, qui a annoncé rejoindre OpenAI. Plus optimiste, Yu Deng estime que « l’IA va aider les mathématiciens plutôt que de les remplacer ».
En juin, des chercheurs ont néanmoins alerté dans la « Déclaration de Leiden » sur les risques d’erreurs et les enjeux éthiques liés à l’usage de l’IA dans les mathématiques. La médaille Fields consiste en un médaillon en or et 15 000 dollars canadiens.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU