La Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB) s’élève contre l’absence des représentants des travailleurs salariés dans la nouvelle composition du Conseil Économique et Social (CES). Dans une lettre adressée au président Romuald Wadagni, la centrale syndicale demande la suspension du processus de désignation et réclame l’ouverture de discussions afin de garantir une représentation conforme aux principes du dialogue social.
La Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB) hausse le ton contre la composition du nouveau Conseil Économique et Social (CES). Dans une lettre d’interpellation datée du 8 juillet 2026 et adressée au président de la République, Romuald Wadagni, la centrale syndicale dénonce l’absence totale des représentants des travailleurs salariés parmi les 117 membres désignés lors du Conseil des ministres du 1er juillet.
En effet, à en croire la CSTB, le gouvernement a procédé à la nomination de représentants de plusieurs corps socioprofessionnels, notamment la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin, la Chambre nationale d’agriculture, la Chambre des métiers, le secteur des arts et de la culture ainsi que le patronat. En revanche, aucune confédération syndicale représentant les travailleurs salariés n’a été retenue, une situation que l’organisation juge préoccupante. Pour la centrale syndicale, cette exclusion remet en cause les fondements mêmes du dialogue social. Elle rappelle que le CES est une institution chargée d’émettre des avis sur les grandes questions économiques, sociales et culturelles, notamment le budget de l’État, les lois sociales et les plans de développement. À ce titre, estime-t-elle, les travailleurs salariés devraient y occuper une place essentielle.
Dans son courrier, la CSTB considère que cette absence constitue une violation du principe de tripartisme promu par l’Organisation internationale du Travail (OIT) et consacré par plusieurs conventions internationales ratifiées par le Bénin. Elle souligne qu’auparavant, le Conseil Économique et Social comptait 30 membres, dont quatre représentants des syndicats de travailleurs. Elle s’interroge donc sur les raisons ayant conduit à la mise en place d’un CES élargi à 117 membres sans aucun représentant des salariés. Pour la CSTB, cette évolution traduit une politique d’exclusion et de mépris à l’égard des travailleurs.
Face à cette situation, la CSTB formule trois principales revendications. Elle demande d’abord la suspension du processus de désignation des membres du CES. Ensuite, elle réclame l’ouverture urgente de discussions avec les centrales et confédérations syndicales représentatives afin de parvenir à une désignation consensuelle des représentants des travailleurs. Enfin, elle sollicite la prise de dispositions pour assurer la présence effective des représentants des salariés au sein du CES, mais également de la Commission béninoise des droits de l’homme (CBDH).
Des copies de cette interpellation ont été adressées à l’Organisation internationale du Travail, à l’Union européenne ainsi qu’à la Cour constitutionnelle du Bénin. Par cette démarche, la CSTB dit vouloir défendre le respect des principes du dialogue social et garantir une représentation équitable des travailleurs dans les institutions consultatives de la République.
Gildas AHOGNI