Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées le 20 juin devant l’ambassade de Russie à Paris pour dénoncer les violences commises contre les populations civiles dans le nord du Mali. Les manifestants accusent l’armée malienne et les combattants russes de l’Africa Corps d’être impliqués dans de graves violations des droits humains dans la région de l’Azawad.
Munis de pancartes et de drapeaux de l’Azawad, les manifestants ont appelé la communauté internationale à enquêter sur les exactions signalées dans le nord du Mali. Le rassemblement s’est tenu devant l’ambassade de Russie en France, les participants estimant que les combattants de l’Africa Corps, qui ont succédé au groupe Wagner dans plusieurs opérations au Sahel, portent une part de responsabilité dans les violences dénoncées. Sur les pancartes on peut lire » Africa Corps : Artisan du nettoyage ethnique au Sahel » ou » Non au massacre des populations civiles en Azawad et au Sahel central « .
Depuis plusieurs mois, plusieurs organisations de défense des droits humains documentent des abus attribués aux forces maliennes et à leurs alliés russes. Dans son rapport annuel, Human Rights Watch affirme que des civils ont été victimes d’exécutions sommaires, de disparitions forcées et de destructions de biens lors d’opérations antiterroristes menées dans le centre et le nord du Mali. L’organisation évoque notamment des cas de meurtres de civils, dont plusieurs membres de la communauté peule, accusés par les forces de sécurité de collaborer avec des groupes jihadistes.
Les Nations unies ont également alerté en mai sur une détérioration rapide de la situation des droits humains au Mali. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a fait état de lourdes conséquences pour les populations civiles à la suite des affrontements entre l’armée, les groupes armés et les mouvements rebelles présents dans l’Azawad.
Les manifestants réclament l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités et de lutter contre l’impunité. De leur côté, les autorités maliennes affirment que leurs opérations visent exclusivement les groupes armés et rejettent régulièrement les accusations d’exactions formulées par certaines organisations internationales.
Alors que le conflit continue de provoquer déplacements de populations et tensions communautaires, les appels à la protection des civils se multiplient au sein de la communauté internationale.

Ezéchiel Dagbégnon PADONOU