Au Bénin, les pratiques de sorcellerie, de magie ou de charlatanisme ne relèvent pas uniquement des croyances populaires. Lorsqu’elles sont susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte aux personnes et aux biens, elles exposent désormais leurs auteurs à de lourdes sanctions pénales.
Les pratiquants de la sorcellerie, de la magie et du charlatanisme seront désormais punis en République du Bénin. Selon les dispositions de l’article 458 du Code pénal béninois, toute personne qui se livre ou participe à des pratiques de sorcellerie, de magie ou de charlatanisme peut être condamnée à une peine de réclusion criminelle allant de dix (10) à vingt (20) ans.
En effet, le texte de loi est sans équivoque. Il vise les actes occultes qui sont de nature à troubler l’ordre public ou à porter atteinte aux personnes et aux biens. Cette disposition traduit la volonté du législateur de lutter contre certaines pratiques pouvant engendrer la peur, les conflits sociaux, les violences ou encore des préjudices matériels et moraux. Dans un contexte où les accusations de sorcellerie continuent parfois d’alimenter les tensions au sein des familles et des communautés, cette disposition légale rappelle que nul ne peut se prévaloir de croyances ou de prétendus pouvoirs mystiques pour nuire à autrui.
La peine prévue est particulièrement sévère. Avec une réclusion pouvant atteindre vingt ans, l’infraction figure parmi celles que la justice béninoise considère comme suffisamment graves lorsqu’elles mettent en danger la paix sociale ou la sécurité des citoyens.
À travers cette mesure, les autorités entendent renforcer la protection des personnes et des biens tout en préservant l’ordre public. Un rappel important à l’heure où de nombreuses allégations liées à la sorcellerie continuent de susciter débats et controverses dans la société béninoise.
Gildas AHOGNI