Le Royaume-Uni a annoncé l’interception d’un pétrolier appartenant à la « flotte fantôme » utilisée par la Russie pour contourner les sanctions occidentales. Il s’agit de la première opération de ce type menée directement par les forces britanniques depuis le début de la guerre en Ukraine.
Le gouvernement britannique a franchi un nouveau cap dans sa lutte contre les réseaux de contournement des sanctions visant la Russie. Dans la nuit du 13 au 14 juin, des commandos de la Royal Navy et des agents de la National Crime Agency ont intercepté le pétrolier Smyrtos alors qu’il traversait la Manche. L’opération, qui a duré plusieurs heures, a été ordonnée par le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Le navire, battant pavillon camerounais, est soupçonné d’être impliqué dans le transport de pétrole russe en violation des sanctions imposées par les pays occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Après son interception, le pétrolier a été conduit vers une zone sécurisée afin de faire l’objet d’inspections approfondies.
Pour Londres, cette opération marque une nouvelle étape dans l’application des sanctions économiques contre la Russie. Le gouvernement britannique estime que les exportations de pétrole demeurent l’une des principales sources de financement de l’effort de guerre russe.
Le Premier ministre Keir Starmer a déclaré que le Royaume-Uni ne laisserait pas les réseaux de commerce clandestin contourner les mesures prises par la communauté internationale. L’Ukraine a salué cette initiative et appelé les autres pays européens à renforcer leurs contrôles maritimes.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie s’appuie sur une vaste « flotte fantôme » composée de centaines de pétroliers souvent vieillissants, enregistrés sous des pavillons étrangers et détenus par des sociétés écrans. Ces navires changent régulièrement de nom, de propriétaire ou de pavillon afin de masquer leur origine et leur destination.
En octobre 2025, les autorités françaises avaient notamment intercepté le pétrolier Boracay, qui naviguait sous pavillon béninois. Les enquêteurs soupçonnaient alors le navire d’être impliqué dans le transport de pétrole russe destiné à contourner les sanctions occidentales. Les armateurs utilisent fréquemment des registres maritimes étrangers, parfois qualifiés de « pavillons de complaisance », pour dissimuler la propriété réelle des navires et l’origine des cargaisons.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU