Le Niger a promulgué un nouveau code pénal qui criminalise pour la première fois l’homosexualité. Les personnes reconnues coupables encourent des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison selon le Journal officiel consulté jeudi par l’AFP.
Longtemps restée un tabou social sans encadrement pénal explicite, l’homosexualité entre désormais dans le champ du droit pénal nigérien. La promulgation de ce nouveau code marque un tournant dans un pays à 99% musulman et à la société très conservatrice. Jusqu’ici, aucune loi ne prévoyait de sanction directe, même si les pratiques étaient fortement désapprouvées.
Le texte prévoit des peines « allant jusqu’à 20 ans de prison » pour les actes homosexuels. C’est l’une des répressions les plus sévères de la sous-région. La loi s’applique à tous, sans distinction d’âge ni de statut. Elle criminalise aussi la promotion ou l’apologie des relations entre personnes de même sexe, ce qui pourrait viser associations et médias.
Le Niger rejoint une tendance observée ces dernières années sur le continent. L’Ouganda a adopté en 2023 une loi prévoyant la peine de mort dans certains cas. Le Ghana, le Sénégal et le Mali ont renforcé leurs dispositifs répressifs ou leurs contrôles. Les parlements invoquent souvent la défense des « valeurs culturelles et religieuses » face à ce qu’ils qualifient de pressions extérieures.
Les organisations de défense des droits humains ont immédiatement dénoncé une loi discriminatoire qui met en danger les personnes LGBT et restreint les libertés fondamentales. Elles alertent sur les risques d’arrestations arbitraires, de chantage et de stigmatisation. De son côté, le gouvernement nigérien n’a pas encore détaillé publiquement les raisons de cette réforme, au-delà du respect des « us et coutumes ».
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU