Refoulé des États-Unis pour le Mondial, l’arbitre somalien Omar Artan signe son retour au plus haut niveau. A travers une décision de l’UEFA diffusé sur ses réseaux sociaux, il a été désigné pour diriger le match PSG-Aston Villa lors de la Super Coupe 2026.
Quelques heures après son refoulement à Miami, Omar Abdulkadir Artan rebondit sur la scène européenne. L’arbitre de 34 ans, élu meilleur arbitre africain 2025 par la CAF, officiera le match PSG contre Aston Villa le mercredi 12 août 2026 au Red Bull Arena de Salzbourg. Refusé d’entrée aux USA pour la Coupe du monde 2026, il retrouve une affiche de gala.
Omar Abdulkadir Artan, a été empêché d’entrer aux États-Unis malgré son visa valide pour la Coupe du monde 2026. Son retour à Mogadiscio s’est transformé en démonstration de fierté nationale.
A son retour au pays, c’est sous les acclamations et les drapeaux somaliens qu’Omar Artan a foulé le tarmac de l’aéroport Aden Adde mercredi. Des centaines de supporters, des officiels et le Premier ministre Hamza Abdi Barre l’attendaient au terminal VIP. Dans un stade de Mogadiscio, il a été invité d’honneur d’un match local. L’arbitre a promis de revenir pour le Mondial 2030 et appelé la jeunesse somalienne à croire en ses rêves. Une image qui efface l’humiliation vécue à Miami.
Artan devait être le premier arbitre somalien de l’histoire de la Coupe du monde. Il a atterri samedi 8 juin à Miami avec visa et passeport diplomatique délivrés par l’ambassade des USA au Kenya. Après plusieurs 11 heures d’interrogatoire, la douane américaine CBP l’a jugé « inadmissible pour des raisons de vérification » et l’a renvoyé à Istanbul. Comme conséquence la FIFA l’a retiré de la liste des arbitres pour le tournoi 2026.
Les États-Unis justifient le refoulement par des « associations présumées avec des membres d’organisations terroristes ». Andrew Giuliani, patron de la task force Maison Blanche pour le Mondial, parle de « très bonnes raisons » sans donner de détails. Un responsable a même évoqué une menace pour la sécurité nationale. Aucune preuve publique n’a été fournie.
Gianni Infantino qualifie l’affaire de « malheureuse » mais rappelle que la FIFA ne contrôle pas les décisions migratoires des pays hôtes. Il appelle à « se calmer » et fait confiance aux procédures. L’ONU demande un réexamen massif des politiques migratoires américaines à l’approche du Mondial. Amnesty et Human Rights Watch alertent sur les risques pour fans et journalistes.
Depuis 2025, l’administration Trump applique une interdiction d’entrée aux ressortissants de 12 pays dont la Somalie et l’Iran. L’Iran a vu ses billets supporters révoqués et son staff privé de visas, forçant l’équipe à s’entraîner au Mexique. A la veille de la plus grande compétition du monde, cette coupe pour plusieurs est la plus chère et restrictive jamais connue.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU