Selon les dernières données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), publiées le 27 avril 2026, les dépenses militaires de l’Afrique ont atteint 58,2 yoo milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 8,5 % par rapport à l’année précédente. Dans un contexte marqué par les tensions régionales, le terrorisme et les conflits armés, plusieurs États du continent ont considérablement renforcé leurs budgets de défense.
L’Afrique continue d’accroître son effort militaire. Les données du SIPRI, un institut indépendant de recherche basé à Stockholm et spécialisé dans l’étude des conflits, des armements et de la sécurité internationale depuis 1966, montrent que les dépenses militaires africaines ont progressé pour atteindre 58,2 milliards de dollars en 2025. Cette hausse s’inscrit dans une tendance mondiale où les dépenses de défense ont atteint un niveau record de 2 887 milliards de dollars.
L’un des enseignements marquants du rapport est la place occupée par l’Algérie. D’après les données du SIPRI, le pays consacre 8,8 % de son produit intérieur brut (PIB) à la défense, le niveau le plus élevé du continent. Cette proportion place également l’Algérie parmi les pays les plus militarisés du monde en termes d’effort budgétaire.
L’Afrique du Nord domine le classement
Le classement africain des dépenses militaires reste largement dominé par les pays d’Afrique du Nord. En valeur absolue, l’Algérie conserve la première place avec plus de 25 milliards de dollars consacrés à son armée en 2025. Elle est suivie par l’Égypte et le Maroc, deux autres puissances militaires régionales qui poursuivent leurs programmes de modernisation des forces armées.
L’importance accordée à la défense dans ces pays s’explique notamment par les rivalités géopolitiques régionales, les enjeux de contrôle des frontières et les menaces sécuritaires persistantes au Sahel et en Méditerranée. Les tensions entre Alger et Rabat autour du Sahara occidental continuent également d’alimenter une forme de compétition stratégique entre les deux voisins.
Le Sahel tire les dépenses vers le haut
En Afrique subsaharienne, la progression des budgets militaires est principalement liée à l’insécurité. Le Nigeria figure parmi les pays ayant enregistré les plus fortes hausses de dépenses. Selon le SIPRI, les dépenses militaires nigérianes ont bondi de 55 % en 2025 pour atteindre environ 2,1 milliards de dollars, sous l’effet des violences de Boko Haram, de l’ISWAP et d’autres groupes armés.
Le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Somalie ou encore la République démocratique du Congo poursuivent également leurs efforts de renforcement militaire face aux menaces terroristes, aux insurrections et aux conflits internes. Plusieurs de ces pays ont investi davantage dans les équipements, les drones et les capacités de surveillance.
Le Bénin, face aux incursions et attaques attribuées à des groupes armés actifs (nottament le JNIM) dans la zone sahélienne voisine, a également augmenté son budget en matière de dépenses militaires. Selon des sources officielles, le gouvernement béninois a porté le budget de la Défense à 118 milliards de francs CFA en 2025, soit une hausse de 18% par rapport à l’année précédente. Cette mesure s’inscrit dans une logique de la réponse de l’État face à l’insécurité dans le nord du pays.
Entre sécurité et défis sociaux
Cette augmentation des budgets militaires suscite toutefois des interrogations. Dans de nombreux pays africains, les besoins en matière de santé, d’éducation et d’infrastructures demeurent considérables. Les gouvernements estiment néanmoins que la sécurité reste une condition indispensable au développement économique et à la stabilité politique.
Le rapport du SIPRI montre ainsi une Afrique confrontée à un double défi. Elle doit répondre à des menaces sécuritaires croissantes tout en préservant les ressources nécessaires au développement. Tant que les conflits, le terrorisme et les tensions régionales persisteront, les dépenses militaires devraient continuer à progresser sur le continent selon le rapport.

Ezechiel Dagbégnon PADONOU