Un violent incendie a ravagé dans la nuit de mercredi à jeudi un dortoir de l’Utumishi Girls’ Academy à Gilgil, dans la vallée du Rift au Kenya. Le bilan provisoire fait état de 16 élèves mortes et de 79 blessées, selon le ministre de l’Éducation.
L’alerte a été donnée peu après minuit à l’Utumishi Girls’ Academy Senior School, un établissement public de plus de 800 élèves situé à 120 km au nord-ouest de Nairobi. Le feu s’est déclaré dans un dortoir abritant environ 220 élèves alors qu’elles dormaient. Il a brûlé pendant plus de deux heures avant d’être maîtrisé vers 3h du matin.
Le ministre de l’Éducation, Julius Ogamba, a confirmé jeudi le décès de 16 élèves et 79 blessées. La plupart des blessées ont pu quitter l’hôpital, seules 7 restaient hospitalisées jeudi. Des parents rassemblés devant l’école cherchaient encore des nouvelles de leurs filles, certaines ayant fui en panique dans les environs.
Les autorités n’ont pas encore établi l’origine du sinistre. Des témoins évoquent un départ de feu au niveau d’un dôme supérieur qui se serait propagé rapidement, bloquant une partie des issues. La matrone aurait ouvert une seule des deux portes du dortoir sans alerter immédiatement les élèves, selon un témoignage recueilli sur place.
La police et la Croix-Rouge kényane ont déployé des équipes de secours et de soutien psychologique. L’accès à l’école a été restreint aux parents le temps de l’enquête.
Ce drame s’ajoute à une longue série d’incendies dans les internats kényans. Plus de 100 cas ont été recensés en 2024. En septembre 2024, 21 élèves avaient péri dans l’incendie de l’Hillside Endarasha Academy dans le comté de Nyeri. Le pire drame reste celui de Kyanguli en 2001, avec 67 garçons tués.
Le gouvernement avait promis après 2024 un audit de sécurité de toutes les écoles et des poursuites contre les responsables de négligence. Le manuel de sécurité scolaire impose des portes s’ouvrant vers l’extérieur, des exercices d’évacuation et une surveillance 24h/24. L’enquête déterminera si ces règles ont été respectées à Gilgil.
Alors que la nation kényane pleure ses victimes, l’Utumishi Girls’ Academy, gérée par le Service de police kényan, reste sous surveillance. L’enjeu est désormais de transformer cette tragédie en mesures concrètes pour protéger les 800 000 élèves en internat du pays.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU