Les routes béninoises continuent d’être le théâtre de drames à répétition. Alors que les populations gardent encore en mémoire la tragédie de Dassa-Zounmè, les accidents impliquant des bus de transport en commun se multiplient sur les axes routiers du pays. Chaque nouveau sinistre ravive la douleur des familles endeuillées et ramène le débat sur la responsabilité des compagnies de transport et de l’État central.
Il y a à peine quelques années, le drame de Dassa-Zounmè avait plongé toute la nation dans l’émoi et la tristesse. Des dizaines de vies avaient été brutalement arrachées dans un accident aux circonstances tristes. Ce drame ne semble malheureusement pas avoir produit les effets attendus. Les mauvaises habitudes persistent et les mêmes causes continuent de produire les mêmes conséquences. Le récent accident survenu à Tchatchou, avec plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels, vient une fois encore rappeler l’ampleur du danger auquel sont exposés quotidiennement les usagers des transports en commun. Les causes de ces accidents sont connues. L’excès de vitesse figure en tête des facteurs les plus récurrents.
Sur plusieurs axes routiers, certains conducteurs de bus roulent à vive allure, au mépris des règles élémentaires de prudence. À cela s’ajoutent les dépassements dangereux, le non-respect du code de la route et l’incivisme de certains usagers. L’autre problème reste l’état parfois défectueux des véhicules de transport en commun. Certains bus circulent avec des insuffisances mécaniques évidentes, mettant ainsi en péril la vie des passagers. Face à cette situation inquiétante, l’État ne peut plus se contenter de simples avertissements après chaque drame. Il devient urgent que les autorités publiques prennent des mesures fortes et drastiques pour mettre fin à ce désordre.
Les compagnies de transport qui ne respectent pas les normes de sécurité et le code de la route doivent être sévèrement sanctionnées. Les contrôles routiers doivent être renforcés sur l’ensemble du territoire, notamment sur les grands corridors. La préservation des vies humaines doit demeurer une priorité absolue. L’État, garant de la sécurité publique, a le devoir d’utiliser tous les moyens nécessaires pour protéger les citoyens, car derrière chaque accident, ce sont des familles brisées, des rêves anéantis et une nation entière qui continue de pleurer ses enfants décédés.
Mohamed Yèkini