-Plusieurs dossiers non élucidés
Hésitations, manèges, ruses, rages, tentatives de rester, départ incertain, incitation à s’éterniser au pouvoir, troisième mandat convoité ; les béninois ont été, ces dernières et surtout ces derniers mois, soumis à un fort stress induit par les différentes mesures politiques prises par le désormais défunt régime du président Patrice Talon, dans la marche vers la transmission du pouvoir. Après 10 ans au pouvoir, l’envie de continuer à gouverner le Bénin aurait traversé l’esprit et la tête du chantre de la rupture, mille et une fois. Seulement constitutionnellement, il n’en a plus droit.
L’accouchement a été très difficile mais ce dimanche 24 Mai 2026, Patrice Talon quitte le pouvoir laissant place à son successeur Romuald Wadagni élu au terme de la présidentielle du 12 Avril 2026. Durant le processus, l’ancien président Patrice Talon n’a pu rassurer aucun béninois de son envie et surtout l’intention de remettre le pouvoir. Même sa mouvance vivait dans le doute de son départ. Lorsqu’il rassure à l’occasion de ses très rares sorties publiques ou médiatiques, il pose des actes contraires à ces assurances quelques jours plus tard. Pire, son entourage notamment les préposés à l’intoxication communément appelés Klébés font tout pour renforcer le doute dans la tête des béninois. Partira où ne partira-t-il pas ? le président Patrice Talon a finalement quitté le pouvoir à la grande satisfaction des démocrates, de l’opposition et de tout le peuple béninois qui se battent au quotidien pour la sauvegarde de leur démocratie. Les lois électorales ont été modifiées et taillées à la mesure de la rupture, la constitution béninois a été polie au goût du chantre de la rupture, l’animation de la vie politique nationale a été remodelée avec exigence, surtout aux partis de l’opposition, des autorisations avant toute manifestation publique, tout a été mis en place pour faire croise aux béninois que la rupture résisterait aux principes sacro-saints de l’alternance au pouvoir, adoptée au soir de la conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990.
Heureusement, Patrice Talon comme tous les présidents qui ont gouverné le Bénin, n’a pas pu malgré les mesures, échapper à l’histoire, au destin de devenir ancien dans la fonction qu’il a légué ce dimanche à Romuald Wadagni désormais homme fort du pays. Après Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou et Boni Yayi, Patrice Talon est désormais le quatrième ancien président de l’ère du renouveau démocratique, mais aura laissé de très mauvais souvenirs au peuple béninois. Et parmi ces souvenirs figurent entre autres, les nombreux prisonniers et exilés politiques, la cherté de la vie, les abusifs et très nombreux licenciements dits économiques, les suppressions des entreprises publiques avec leurs lots de chômeurs, les repressions meurtrières pour non port de casque, le non remboursement des victimes de l’affaires Icc-services, la non résolution de l’affaire Urbain Dangnivo, la non résorption de la crise énergétiques malgré les promesses et les monstrueux investissements, l’exclusion socio politique et économique au Bénin, etc. Dans ses réformes courageuses menées avec rage et rigueur, le président Patrice Talon a fait autant de frustrés que de malheureux qui se réjouissent certainement aujourd’hui de son départ tout en comptant sur son successeur pour penser les plaies qu’il a laissées. Lesquelles plaies même cicatrisées ne être jamais oubliées par les victimes.
Heureusement, le tout nouveau président, dans son discours d’investiture a promis traduire dans le quotidien des béninois la croissance économique qu’aurait enregistré le pays sous la rupture. Mais, le Bénin respirera-t-il sous la gouvernance Wadagni ? Wait and see.
Norbert Adjakoun