14 mai 2025 – 14 mai 2026: il y a exactement onze années que Jean Pliya, un grand nom de la littérature béninoise qui a mis sa vie au service de la religion a cassé la pipe. 11 ans après, que retenir de la vie et de l’héritage littéraire, spirituel, humain et politique de l’homme ?
Célèbre écrivain et homme politique béninois, Jean Pliya est décédé le 14 mai 2015 à Abidjan à l’âge de 84 ans. De l’épopée historique de « Kondo le Requin » qui retrace les dernières heures du roi Behanzin et du roman Les tresseurs de corde, paru aux éditions Hatier en 1987 en passant par l’oeuvre « L’Arbre fétiche » , Jean Pliya a utilisé sa plume pour faire le portrait de l’identité africaine. Son statut d’enseignant d’histoire et de géographie lui a permis de mettre en vogue la tradition africaine et béninoise avec un métissage de la modernité. Au delà de l’homme des lettres, Jean Pliya a donné une bonne partie de sa vie à la religion. Homme de foi, humble serviteur de Dieu, Jean Pliya fut un précurseur du bien-être et de la santé spirituelle.
Il a beaucoup servi l’église catholique jusqu’aux dernières heures de sa vie. Evangélisateur et prédicateur, il était encore le responsable national du Renouveau charismatique catholique, dont il est l’un des précurseurs au Bénin. Dans ce sens, de son vivant, il a contribué pour un retour à l’essentiel et le respect de la vie sous toutes ses formes. A ce titre, il a publié plusieurs ouvrages dont «Des ténèbres à la lumière» paru aux éditions Saint Paul en 2006, «Prier comme un enfant de roi», «Se donner à l’esprit saint», «Vie chrétienne authentique et protection de Dieu», « Neuvaine de protection spirituelle et de libération» et «Donner comme un enfant de roi».
Homme politique, Jean Pliya a aussi occupé plusieurs fonctions politiques dans le Bénin néo-indépendant. De retour de la France où il exerçait comme professeur d’histoire et géographie vers fin 1950, il a été directeur de cabinet du ministre de l’éducation nationale de 1960 à 1963, avant d’assumer un portefeuille ministériel de l’information et du tourisme en 1963. Il a été aussi député à l’assemblée nationale du Bénin, de 1964 à 1967.
En somme, Jean Pliya, aura marqué sa vie en étant une figure majeure de la littérature africaine. Il a notamment reçu de nombreux prix dont celui de la meilleure nouvelle africaine en 1963 avec son œuvre L’arbre fétiche et celui de littérature d’Afrique noire en 1967 avec sa pièce Kondo le requin. Il est aussi officier de l’ordre français des arts et lettres depuis septembre 1981. Véritable trésor de l’humanité, Jean Pliya ne s’est pas contenté d’écrire des histoires, il a tracé des chemins sur plusieurs plans. Onze ans après son départ, son précieux héritage continue de servir modèle pour la jeunesse africaine.
Mohamed Yèkini