Dans le cadre de la commémoration de la fête du Travail le vendredi 1er mai 2026, la Confédération syndicale des Travailleurs du Bénin ( CSTB) , a prévu marcher . Mais contre toute attente, le Préfet du Littoral Alain OROUNLA a, dans une lettre envoyé à la CSTB , le « 30 avril, la veille de l’événement, dans l’après-midi dans les environs de 16 heures », interdit la marche, selon la CSTB dans une déclaration. Le syndicat a précisé qu’ « elle a déposé sa déclaration de marche à la mairie de Cotonou depuis le 14 avril ».
La CSTB a fait remarquer que « très tôt le matin, les éléments de la police républicaine et des militants des partis Etats UPR et BR ont pris d’assaut la place de l’Etoile Rouge, empêchant ainsi le rassemblement des travailleurs. La Bourse du Travail lieu de chute de la marche a été aussi quadrillée par les éléments de la police républicaine empêchant son accès ». Pour le Secrétaire Général Kassa Mampo et ses militants, malgré l’interdiction de la marche, les « travailleurs, femmes de marché, artisans, Zémidjans, étudiants » ont pu se regrouper « dans un autre lieu pour marcher » et valider la déclaration de commémoration lue par le Secrétaire Général Confédéral.
La CSTB a par ailleurs dénoncé l’interdiction de la « marche pacifique du 1er mai » par le maire de la commune de Djougou. Aussi, « dans le département de Collines la police a très tôt empêché l’accès à l’EPP MOUMOUDJI à Dassa lieu où devait se tenir le meeting ».
L’incompréhension et satisfaction de la CSTB
La CSTB ne comprend pas « que le gouvernement qui a déclaré la journée du 1er Mai, chômée et payée pour la fête internationale de travail, interdise aux travailleurs de commémorer leur journée et dans le même temps permet aux partis Etat UPR et BR d’organiser une marche pour célébrer le Président Patrice TALON, marche à laquelle » étaient présents certains ministres du gouvernement. Pour le Syndicat confédéral, « le gouvernement a choisi donc de mépriser royalement les travailleurs du Bénin en leur refusant le droit de dire leur ras le bol ».
Mais elle s’est quand même réjouie que l’annonce de leur marche à travers les différents appels à célébrer la journée du 1er Mai partout dans le pays autour de leurs revendications « a fait prendre conscience au gouvernement de la grandeur du mouvement » et que ‘’cela est ressorti dans la lettre d’interdiction du représentant du gouvernement, le Préfet Alain OROUNLA qui a donné comme motif principal d’interdiction « des risques de trouble à l’ordre public au regard de l’affluence estimée de votre marche… »’’ . Pour ce syndicat confédéral, la montée de leur « détermination » et de leur « mobilisation pour l’exigence de la satisfaction de » leurs revendications inquiète les gouvernants.
Tout en remerciant et félicitant les travailleurs de tous les secteurs « ayant participé d’une manière ou d’une autre à l’organisation et au succès de la commémoration du 1er Mai sur toute l’étendue du territoire » national, la CSTB « dénonce avec véhémence la violation des libertés de manifestation et d’expression » et les « appelle toutes et tous à poursuivre la mobilisation à tous les niveaux et sous toutes les formes (Assemblée Générale, Sit-in, marche, grève …) pour exiger et obtenir la satisfaction » de leurs différentes revendications.



