Et si une meilleure prévention permettait d’éviter des maladies graves et de réduire le poids financier des soins ? C’est autour de cette conviction que l’Institut International pour la Prévention et l’Education à la Santé (2IPES) a tenu son assemblée générale du 18 au 20 septembre 2026 à Würzburg, en Allemagne.
Réunis autour du président de l’organisation, Dr José Koussemou, des médecins béninois exerçant aujourd’hui en Europe ont fait le point sur les activités de l’organisation et défini les grandes orientations pour l’année 2027.
Prévenir plutôt que subir
Au cœur des échanges : un constat simple, mais déterminant pour les systèmes de santé des pays à ressources limitées. Lorsque le coût des traitements devient difficilement supportable pour les patients et leurs familles, le dépistage précoce, l’information et la prévention constituent des leviers essentiels.
Fondée par dix médecins aujourd’hui installés professionnellement en Europe, 2IPES entend mettre à profit leur expérience et leurs compétences pour contribuer à l’amélioration de la santé dans leur pays d’origine.
L’organisation prévoit ainsi de déployer deux projets majeurs au Bénin en 2027, consacrés respectivement au dépistage du cancer colo-rectal et à la santé bucco-dentaire. L’ambition est de favoriser la détection précoce des pathologies, mais aussi de développer des actions d’information susceptibles d’aider les populations à adopter des comportements favorables à leur santé.
Une rencontre avec le Parlement bavarois
L’assemblée générale a également été marquée par la présence de Dr Andrea Behr, députée de Würzburg au Parlement de Bavière et membre de la commission de la Santé, des Soins et de la Prévention. Chirurgienne-dentiste de profession, elle siège au Landtag depuis 2023 et participe notamment aux travaux de la commission consacrée aux questions de santé et de prévention.
Les discussions ont notamment porté sur les projets envisagés par 2IPES au Bénin et sur les possibilités de coopération.
Pour Dr Behr, l’approche fondée sur la prévention revêt un intérêt particulier : agir avant que les problèmes de santé ne deviennent des maladies graves permet notamment de limiter les conséquences humaines et financières des pathologies.
Son intérêt pour le projet de santé bucco-dentaire n’est pas fortuit. La députée-dentiste dispose également d’une expérience dans des projets de santé menés en Amérique latine, notamment en Équateur et en Bolivie, selon les éléments communiqués par 2IPES.
De Würzburg au Bénin : une expertise au service de l’origine
Au-delà des travaux statutaires de l’assemblée générale – rapport du Conseil d’administration, point financier et programmation des activités pour 2027 –, la rencontre de Würzburg a surtout permis de réaffirmer une ambition : transformer l’expertise acquise en Europe en actions concrètes au bénéfice des populations béninoises.
Le choix de Würzburg revêt par ailleurs une dimension particulière pour le président de 2IPES, Dr José Koussemou, qui y a effectué ses études de médecine. Cette dynamique de coopération devrait se poursuivre au-delà de l’assemblée générale. Le 12 octobre 2026, Dr José Koussemou, médecin-chef de la clinique de psychiatrie, psychothérapie et psychosomatique de la clinique de Heidenheim, est attendu au Parlement de Bavière pour intervenir lors d’une table ronde consacrée à la santé mentale, à l’initiative de Dr Andrea Behr.
Un message fort pour le Bénin
À travers ses futurs projets, 2IPES veut faire de la prévention un outil concret de santé publique : détecter plus tôt, informer davantage et agir avant que la maladie ne devienne une urgence. Une orientation qui rejoint les priorités affichées par le système de santé béninois en matière de prévention et de promotion de la santé.
De Würzburg à Cotonou, le message porté par ces médecins est donc clair : la prévention ne doit plus être considérée comme un complément des soins, mais comme l’un des premiers investissements dans la santé.
Mesmin AFANOU