Le Canada a renforcé ses mesures de contrôle aux frontières en interdisant temporairement l’entrée sur son territoire aux ressortissants étrangers ayant séjourné récemment en République démocratique du Congo. Cette décision intervient alors que l’épidémie d’Ebola continue de progresser dans l’est du pays et suscite des inquiétudes à l’échelle internationale.
Le gouvernement canadien a annoncé un nouveau durcissement de sa politique sanitaire à l’égard de la République démocratique du Congo (RDC). Depuis le 20 juillet, tout ressortissant étranger ayant séjourné en RDC au cours des 21 jours précédant son voyage ne peut plus embarquer à destination du Canada ni entrer sur le territoire canadien. Ottawa affirme vouloir limiter le risque d’importation du virus Ebola et faciliter la gestion sanitaire des voyageurs, notamment des travailleurs humanitaires de retour de mission.
Cette mesure va plus loin que les restrictions instaurées fin mai, qui prévoyaient déjà la suspension temporaire de certains visas et documents d’immigration pour les résidents de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Les citoyens et résidents permanents canadiens restent autorisés à rentrer au pays, mais ils sont soumis à un dépistage médical et à une quarantaine de 21 jours.
Ottawa agit alors que la RDC fait face à une flambée d’Ebola d’une ampleur exceptionnelle. Selon les derniers bilans, le pays a enregistré plus de 2 100 cas confirmés et plus de 828 décès, principalement dans les provinces orientales. Les autorités congolaises, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Africa CDC et de plusieurs organisations humanitaires, ont renforcé les centres de traitement, les laboratoires mobiles, la recherche des cas contacts. Les essais cliniques de traitements expérimentaux ont également été réalisés afin de trouver um remède efficace contre la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin homologué n’est encore disponible.
La décision canadienne suscite toutefois des réserves. L’OMS continue de déconseiller les restrictions générales aux voyages et au commerce, estimant qu’elles risquent de stigmatiser les populations concernées, de compliquer l’acheminement de l’aide humanitaire et de freiner la riposte sans bénéfice sanitaire démontré.
Le Canada n’est pas le seul à renforcer ses contrôles. Les États-Unis ont également imposé des mesures strictes, notamment une quarantaine pour certains voyageurs revenant de RDC, tandis que d’autres pays ont intensifié les contrôles sanitaires aux frontières. Cette multiplication des restrictions illustre les tensions entre la protection des populations et la nécessité de préserver les efforts internationaux de lutte contre Ebola.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU