À Gbodjè, dans l’arrondissement de Godomey, un policier à la retraite a perdu la vie après une violente agression dont son fils est le principal suspect. Au-delà de l’émotion, ce drame remet en lumière les ravages de la consommation de produits psychotropes et l’urgence de renforcer la lutte contre ce fléau qui continue de détruire des familles au Bénin
La commune d’Abomey-Calavi s’est réveillée, ce dimanche 5 juillet 2026, sous le choc. Un policier à la retraite a été mortellement agressé à son domicile, au quartier Gbodjè. Selon les premiers éléments, son fils, principal suspect, l’aurait attaqué à la machette alors que la victime se trouvait dans sa chambre. Malgré l’intervention rapide de la Police républicaine et des sapeurs-pompiers, le retraité n’a pas survécu à ses blessures.
En effet, les différents témoignages recueillis sur place décrivent un contexte familial marqué par des tensions récurrentes. Depuis plusieurs années, le père aurait tenté d’aider son fils à sortir de la dépendance aux produits psychotropes. Les voisins affirment que le présumé auteur était régulièrement sous l’emprise de substances illicites et qu’il avait déjà connu des démêlés avec la justice. Une enquête est ouverte pour établir les circonstances exactes du drame.
Mais au-delà des responsabilités individuelles, cette tragédie relance une question qui préoccupe de nombreux Béninois : jusqu’à quand les produits psychotropes continueront-ils à briser des vies ? Malgré les opérations menées par la Police républicaine pour démanteler les ghettos et les réseaux de distribution, ces substances restent accessibles dans plusieurs localités. Chaque saisie est une avancée, mais le phénomène semble se reconstituer sans cesse. Les conséquences sont pourtant connues. La consommation de stupéfiants favorise des troubles du comportement, altère le jugement, fragilise la santé mentale et peut conduire à des actes d’une extrême violence. Derrière chaque affaire se cachent des familles détruites, des parents impuissants et des jeunes dont l’avenir bascule.
Ce drame de Gbodjè rappelle que la réponse ne peut reposer uniquement sur la répression. La prévention, l’accompagnement des personnes dépendantes, le soutien aux familles et une mobilisation collective demeurent indispensables. Car tant que les produits psychotropes continueront de circuler, le risque de voir d’autres familles plongées dans le deuil restera bien réel.
Gildas AHOGNI