Depuis dimanche, de violentes pluies s’abattent sur le sud du Ghana, provoquant d’importantes inondations à Accra et dans plusieurs autres localités. Alors que les secours restent mobilisés, les autorités et les acteurs politiques s’opposent sur les véritables causes d’une catastrophe qui se répète presque chaque année.
Le président John Dramani Mahama a révélé que près de 140 millimètres de pluie sont tombés sur Accra en une seule journée, soit plus du double du record quotidien enregistré l’année précédente, estimé à 56 millimètres. Selon lui, ces précipitations figurent parmi les plus importantes observées depuis plusieurs années et témoignent des effets croissants du changement climatique. Il a également dénoncé la construction d’habitations dans les lits des cours d’eau, estimant que ces installations aggravent les conséquences des inondations.
Les intempéries qui frappent le Ghana depuis dimanche ont provoqué des crues soudaines, submergeant routes, habitations et commerces dans la capitale Accra ainsi que dans plusieurs villes voisines. Des quartiers entiers sont restés isolés après des précipitations exceptionnelles, perturbant la circulation et les activités économiques. Les services de secours poursuivent les opérations d’assistance tandis que les autorités évaluent l’ampleur des dégâts.
Selon le Service national des sapeurs-pompiers (GNFS), au moins 12 personnes ont perdu la vie et plus de 150 autres ont été secourues après avoir été piégées par la montée des eaux. Les opérations de recherche et d’assistance se poursuivent alors que les autorités continuent d’évaluer l’ampleur des dégâts.
Face à l’ampleur de ce phénomène, le gouvernement a annoncé mardi le décaissement immédiat de 300 millions de cedies ghanéens pour le Fonds de secours et d’atténuation des inondations. Cette mesure vise à soulager les communautés affectées et à financer des actions d’urgence et de prévention.
Une catastrophe aux causes multiples
Au-delà des facteurs climatiques, le débat politique s’est intensifié. Dans un communiqué, le United Party affirme que les inondations récurrentes trouvent aussi leur origine dans l’absence d’une planification urbaine adaptée. Le parti rappelle que plusieurs schémas directeurs élaborés dans les années 1960 pour Accra, Tema, Kumasi et Sekondi-Takoradi n’ont jamais été pleinement mis en œuvre après le coup d’État de 1966. Selon lui, une ville conçue pour environ 400 000 habitants en compte aujourd’hui plus de 2,5 millions, mettant à rude épreuve les infrastructures de drainage.
Le parti préconise également une meilleure application des règles d’urbanisme, le renforcement des infrastructures hydrauliques et une évolution des comportements citoyens, notamment en matière d’occupation des espaces publics et de gestion des déchets.
Face aux eaux stagnantes, l’Agence de santé du Ghana (GHS) a lancé une alerte contre une recrudescence du choléra, du paludisme et d’autres maladies d’origine hydrique. Les autorités sanitaires invitent les populations à éviter tout contact avec les eaux de crue, à consommer de l’eau potable et à consulter rapidement en cas de symptômes suspects.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU