Un habitant de Kano, dans le nord du Nigeria, a été condamné par la justice après la découverte de dizaines de sacs d’excréments humains entreposés près de son domicile. L’affaire, révélée après des plaintes du voisinage, soulève des préoccupations en matière de santé publique et d’assainissement urbain.
L’odeur était devenue insupportable pour les habitants du quartier. À Kano, deuxième plus grande ville du Nigeria, les autorités environnementales ont traduit en justice Mohammed Saidu après la découverte de plus de 50 sacs remplis d’excréments humains stockés à proximité de sa maison.
L’intervention des services d’assainissement est intervenue à la suite de nombreuses plaintes des riverains. Ces derniers dénonçaient depuis plusieurs semaines des nuisances olfactives persistantes et craignaient des risques sanitaires liés à la présence de ces déchets au cœur d’une zone résidentielle.
Selon les autorités locales, Mohammed Saidu exerce comme vidangeur de fosses septiques. Lors de l’enquête, il a expliqué avoir conservé les excréments dans le but de les revendre comme fertilisant agricole, une pratique qui existe dans certaines régions du pays.
Toutefois, les inspecteurs environnementaux ont estimé que les conditions de stockage représentaient un danger pour la santé publique. La présence prolongée de déchets organiques pouvait favoriser la prolifération de mouches, de rats et d’autres vecteurs de maladies.
Présenté devant un tribunal environnemental de Kano, Mohammed Saidu a plaidé coupable. La magistrate en charge du dossier s’est même rendue sur place pour constater l’état des lieux avant de rendre son verdict.
Le tribunal l’a condamné à 14 jours de prison et à une amende de 100 000 nairas. Il a également reçu l’ordre d’évacuer immédiatement tous les sacs d’excréments et de cesser toute activité similaire à l’avenir.
Selon le chef communautaire du quartier, l’accusé avait déjà été averti par le passé. Malgré ces mises en garde, il aurait repris le stockage des déchets après une interruption temporaire.
Au-delà du cas de Mohammed Saidu, cette affaire met en lumière les défis persistants auxquels sont confrontées les grandes villes nigérianes en matière d’assainissement. Pour les autorités de Kano, la protection de la santé publique passe désormais par une application plus stricte des règles environnementales.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU