Des ressortissants d’Afrique subsaharienne vivant en Tunisie alertent sur une dégradation préoccupante de leur sécurité. Entre arrestations, agressions et départs volontaires organisés vers leurs pays d’origine, la tension semble atteindre un niveau inédit.
Depuis plusieurs jours, de nombreux migrants subsahariens présents en Tunisie tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’ils décrivent comme une recrudescence des violences à leur encontre. Sur les réseaux sociaux, des témoignages évoquent des agressions, des interpellations massives et un climat de peur généralisé dans plusieurs localités du pays.
Selon des messages largement relayés au sein des communautés migrantes, des opérations de contrôle et d’arrestation se multiplieraient sur l’ensemble du territoire tunisien. Des alertes font également état d’actes de violence attribués à certains groupes de citoyens, alimentant le sentiment d’insécurité chez les ressortissants d’Afrique subsaharienne.
La diffusion récente d’une vidéo montrant une migrante subsaharienne enceinte menacée par deux tunisiens sous les yeux de son époux a profondément choqué l’opinion publique. L’affaire a ravivé les inquiétudes concernant la protection des migrants et le respect de leurs droits fondamentaux dans le pays.
Parallèlement, plusieurs plateformes communautaires rapportent régulièrement des cas de disparitions, d’agressions et parfois de décès impliquant des migrants africains. Dans les vidéos et photos qui circulent sur le net, on peut voir des hommes et femmes blessés et parfois tués. Même si les sources consultées sont non officielles, l’alerte des réseaux sociaux soulignent souvent des réalités cachées au reste du monde.
Dans ce contexte tendu, les programmes de retour volontaire connaissent une forte affluence. Lors d’un récent rassemblement consacré à ces départs, plus de 250 personnes se seraient inscrites pour regagner leur pays d’origine. Les bus mobilisés pour les transferts vers les points de départ auraient affiché complet, signe de l’ampleur des demandes enregistrées.
Alors que les organisations de défense des droits humains appellent à la vigilance, les migrants demandent avant tout sécurité, dignité et protection. La situation remet une nouvelle fois au centre du débat la question du traitement des migrants en Afrique du Nord et la responsabilité des États dans le respect des droits humains.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU