Depuis plusieurs jours, l’apparition d’un python de Seba dans le quartier Agla à Cotonou alimente les inquiétudes des riverains. Face à une situation qui relève pourtant des missions de la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasse (DGEFC), c’est finalement un passionné de reptiles, Degaule Panda, qui a été sollicité pour contribuer à la capture du serpent. Une situation qui soulève des interrogations sur la capacité opérationnelle des structures publiques chargées de la gestion de la faune sauvage.
Depuis quelques jours, la population d’Agla vit au rythme des alertes et des témoignages autour d’un python de Seba aperçu dans le quartier. Si les spécialistes rappellent que cette espèce n’est pas un « chasseur d’hommes », sa présence dans une zone fortement habitée suffit à créer la psychose et à perturber le quotidien des riverains. Mais au-delà du serpent lui-même, une autre question mérite d’être posée : où sont passés les experts de la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasse (DGEFC) ?
En effet, institution de référence en matière de gestion de la faune sauvage, de protection des écosystèmes et d’application des réglementations environnementales, la DGEFC dispose théoriquement des compétences et des ressources nécessaires pour intervenir dans ce type de situation. Pourtant, plusieurs jours après les premiers signalements, le reptile demeure introuvable. Face à cette difficulté, les regards se tournent désormais vers Degaule Panda, un passionné des reptiles connu pour ses interventions médiatisées. Si son engagement et sa disponibilité peuvent être salués, son implication met surtout en lumière un malaise plus profond : comment expliquer qu’une administration spécialisée paraisse dépassée au point de devoir compter sur l’intervention d’un particulier ?
La question n’est pas de remettre en cause les efforts des agents des Eaux et Forêts. Elle est plutôt de savoir si les moyens techniques, les équipements, la formation pratique et les capacités d’intervention rapide sont réellement à la hauteur des missions affichées.
L’épisode d’Agla rappelle que la protection de la faune ne se limite pas à des bureaux, à des textes réglementaires ou à des campagnes de sensibilisation. Elle exige également une présence effective sur le terrain et une capacité de réponse immédiate lorsque les populations sont confrontées à des situations inhabituelles.
L’affaire du python de Seba constitue donc un révélateur. Elle montre qu’au-delà des missions inscrites dans les documents officiels, des efforts restent nécessaires pour renforcer les capacités opérationnelles des structures en charge de la gestion de la faune sauvage au Bénin.
ASG