Devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), le dossier Florence Kingbo continue d’évoluer dans l’attente des résultats d’une expertise psychiatrique, jugée déterminante pour la suite de la procédure.
À la CRIET, l’affaire se situe désormais à la croisée du judiciaire et du médical. Bien que l’audience se soit tenue, la prévenue n’a pas été extraite pour comparaître, a indiqué son avocat, Maître Aboubacar Baparapé, au micro de Bip Radio. Selon la défense, la procédure en cours est essentiellement consacrée à l’évaluation de l’état de santé mentale de sa cliente, conformément à la décision rendue par la Cour lors de l’audience du 24 mars dernier. « Du 24 mars au 2 juin, les diligences ont été accomplies afin qu’elle soit transférée dans un centre psychiatrique », a expliqué l’avocat.
L’expertise ordonnée devra permettre de déterminer si Florence Kingbo souffre ou non de troubles psychologiques susceptibles d’affecter sa responsabilité pénale. Maître Baparapé rappelle avoir soulevé cette question dès les premières audiences. « J’avais demandé sa remise en liberté, estimant qu’elle n’était pas éligible à une condamnation en raison des signes de troubles mentaux qu’elle manifestait », a-t-il déclaré.
À la suite de cette requête, la Cour a ordonné une contre-expertise psychiatrique afin de disposer d’éléments médicaux complémentaires. « Après avoir obtenu la décision avant dire droit prescrivant cette expertise, j’ai personnellement suivi les démarches devant permettre son examen par un médecin psychiatre », a ajouté l’avocat.
À l’issue de l’audience, la CRIET a renvoyé le dossier au 7 juillet 2026, date à laquelle les débats reprendront autour des conclusions de l’expertise médicale.
Pour rappel, la tiktokeuse est poursuivie pour « harcèlement par le biais d’un système électronique, atteinte à la vie privée, incitation à la haine et à la violence, et incitation à la rébellion » à l’encontre de l’ancien président de la République, Patrice Talon.
Esdras A.BIAOU