Les secteurs des arts, de la culture et du tourisme subiront de profondes transformations selon les programmes de société des deux duos en lice pour l’élection présidentielle du dimanche 12 avril 2026. Pendant que Wadagni – Talata soutient que le Bénin a connu de grandes avancées sous Patrice Talon, le camp d’en face estime que des insuffisances persistent.
Les voyants sont au rouge dans les domaines des arts, de la culture et du tourisme sous la gestion de Patrice Talon selon le duo Paul Hounkpè – Rock Hounwanou du parti Force cauris pour un Bénin émergent. Selon le tableau présenté, toute la culture est en souffrance. Les financements destinés à la création et à la promotion culturelle sont mal gérés, les espaces de création sont insuffisants et les centres de formation artistique sont quasi-inexistants. Selon le bilan exposé, les artistes peinent à créer, à produire, à vivre de leur art. Ils souffrent de manque de formation, de financement et de débouchés, avec une mévente persistante de leurs produits. Par ailleurs, les sites culturels et touristiques sont peu valorisés et parfois mal entretenus ; souvent dépourvus de titres fonciers clairs. À cela s’ajoutent des défis majeurs notamment un taux d’analphabétisme encore élevé, une gestion peu orthodoxe du fonds d’aide à la culture et une absence de consensus autour de la loi sur la chefferie traditionnelle, pourtant essentielle à l’équilibre social. Face à cette situation, le duo Paul Hounkpè – Rock Hounwanou propose une renaissance culturelle et médiatique ambitieuse. Il faut investir dans la culture, créer des centres de formation artistique, multiplier les espaces de création et d’expression et assurer une gestion transparente du fonds d’aide à la culture. Le duo de la Fcbe veut aussi valoriser les artisans et les créateurs, faciliter l’accès au crédit, soutenir la formation et promouvoir la consommation des produits artisanaux. Sur le plan touristique, il s’agira de développer le tourisme, de mettre en œuvre une véritable politique touristique, valoriser nos sites culturels et sécuriser juridiquement les sites patrimoniaux. Pour finir, il faut apaiser et structurer la chefferie traditionnelle, valoriser les savoirs locaux et créer un consensus national autour d’un cadre juridique respectueux de nos traditions et de la République.
Le duo Wadagni – Talata veut capitaliser les expériences
Selon le candidat de la mouvance Romuald Wadagni et sa colistière, Mariam Chabi Talata, s’il y a un domaine dans lequel le Bénin est plus présent et précis sur la carte du monde aujourd’hui, c’est bien celui de la culture et du tourisme. A la suite des bases solides posées pour révéler le Bénin à travers le monde, le duo Wadagni – Talata va travailler à intensifier la dynamique déjà imprimée. Cela passera notamment par le développement de pôles touristiques labellisés « villes et villages de splendeurs » par lesquels les savoir-faire, les produits et patrimoines locaux seront valorisés. Au soutien de cette politique, des incitations seront faites aux promoteurs privés pour soutenir l’investissement dans l’hébergement de qualité et les loisirs, de même que l’ouverture et l’extension des liaisons aériennes directes sera promue entre notre pays et des destinations comme le Brésil, le Qatar, la Martinique, etc. En outre, les chantiers structurants en cours d’exécution comme la station balnéaire d’Avlékété, celle urbaine d’Akpakpa ou encore la réhabilitation de la cité lacustre de Ganvié, seront poursuivis et achevés en vue d’enrichir l’offre touristique de notre pays.
Entre promesses et réalités
Si une chose est sûre et certaine, de grandes performances ont été réalisées sous les deux mandats de Patrice Talon dans les secteurs des arts, de la culture et du tourisme. Le Bénin a connu une révolution avec la mise en place de certaines réformes. Il s’agit, entre autres, de l’institutionnalisation des fêtes (Vodun days et Festival des masques), les projets muséaux et touristiques, la valorisation du patrimoine culturel national et bien d’autres mesures. Toutefois, ces actions n’ont pas permis de régler tous les problèmes dont souffre le Bénin sur les plans artistique, culturel et touristique. De nombreuses difficultés restent sans solution. C’est le cas des conditions de vie des acteurs culturels notamment des artistes. Il en est de même pour le développement des industries culturelles et créatives et la mise en conformité avec les réalités béninoises. Somme toute, malgré les avancées obtenues, le prochain président de la République doit travailler à mieux parfaire les choses pour un développement durable des secteurs des arts, de la culture et du tourisme.
Mohamed Yèkini
