La Commission de l’Union africaine (UA) a annoncé vendredi que la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies n’a pas été adoptée, vingt États membres parmi lesquels la Tunisie, l’Afrique du Sud ou le Nigeria ayant exprimé leur opposition. Le Sénégal avait déjà refusé de soutenir la démarche, qui reste néanmoins portée par le Burundi, dont le président assure actuellement la présidence en exercice de l’UA.
L’initiative avait été lancée par le Burundi qui assure actuellement la présidence tournante de l’UA. Le Nigeria avait expliqué par exemple, qu’une désignation de Macky Sall au poste de secrétaire général violerait le principe de rotation qui veut que ce soit au tour de l’Amérique latine et des Caraïbes d’en donner un à l’ONU.
C’est à travers une note verbale datée du 27 mars 2026 que la Commission de l’UA précise que le projet de décision portant soutien à Macky Sall n’a pas été validé. Le rejet s’inscrit dans le cadre de la procédure dite « silencieuse », selon laquelle l’absence d’objection dans un délai fixé vaut adoption. Or, vingt États membres ont « rompu le silence » avant l’échéance, empêchant l’adoption du texte.
Ce même vendredi, la Mission permanente du Sénégal auprès de l’UA avait rappelé que son pays « n’a, à aucun stade, endossé » cette candidature et « n’a pas été associé à l’initiative y afférente ». La note précise également que le ministre sénégalais des Affaires étrangères n’a pas été consulté, soulignant que le Sénégal « ne saurait être considéré comme partie prenante » de la démarche.
Pour Dakar, l’absence de soutien de l’Union africaine à la candidature de Macky Sall est une bonne nouvelle : il est en effet de notoriété publique que les nouvelles autorités sénégalaises élues il y a deux ans entretiennent des relations froides avec l’ancien président qu’elles accusent d’avoir endetté le pays et d’être responsable de la répression violente des manifestations politiques qui y ont fait au moins 65 morts entre 2021 et 2024.